IDRISS NGARI : Le Général de l’ombre, pilier d’un régime

IDRISS NGARI : Le Général de l’ombre, pilier d’un régime

 

Libreville, Gabon – Peu de figures de l’histoire contemporaine du Gabon ont suscité autant de respect, de crainte, mais aussi de mystère que le Général Idriss Ngari. Homme de pouvoir, militaire de carrière, ministre à de multiples reprises, il a été l’un des fidèles parmi les fidèles du Président Omar Bongo Ondimba, jusqu’à devenir l’un des visages clés du système politique gabonais pendant plus de deux décennies.

Le militaire devenu stratège
Né en 1946 à Ngouoni, dans la province du Haut-Ogooué, Idriss Ngari rejoint les rangs militaires très jeune. Formé notamment en France, il gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir Chef d’état-major général des Forces armées gabonaises, un poste qu’il occupe de 1984 à 1994. Il est l’un des artisans de la stabilité militaire du pays à une époque marquée par les turbulences politiques dans plusieurs pays d’Afrique centrale.

L’ascension politique
En 1994, il quitte le commandement militaire pour entrer pleinement dans la sphère politique, nommé ministre des Transports, puis ministre de l’Intérieur, poste stratégique qu’il occupe pendant de longues années. À ce poste, il contrôle l’appareil sécuritaire et électoral du pays. Il sera ensuite en charge de plusieurs portefeuilles régaliens : Défense, Santé, Travaux publics… Fidèle au Parti Démocratique Gabonais (PDG), il est aussi député et baron politique dans la province du Haut-Ogooué, où il affermit son influence.

Un homme de réseaux
Idriss Ngari était considéré par beaucoup comme un « homme fort » du régime Bongo, mais aussi comme un possible dauphin à un moment donné. Son influence au sein de l’appareil d’État était immense, alimentée par des réseaux militaires, politiques et économiques. Mais son parcours connaît un tournant après la mort d’Omar Bongo en 2009. Il perd peu à peu du terrain dans les cercles du pouvoir sous Ali Bongo Ondimba, bien qu’il demeure une figure respectée.

Discret mais imposant
Depuis son retrait progressif de la vie publique, Idriss Ngari s’est fait rare, entretenant une image de patriarche, parfois craint, toujours respecté. Son nom reste associé à une époque, à un style de gouvernance, à une loyauté indéfectible envers Omar Bongo, mais aussi à une forme de puissance silencieuse qui a marqué l’histoire du Gabon.

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