
la pierre de Mbigou officiellement reconnue en indication géographique
Le gouvernement gabonais franchit une étape majeure dans la valorisation des produits du terroir. Réuni en Conseil des ministres sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le lundi 29 décembre 2025, l’Exécutif a adopté un projet de décret reconnaissant officiellement la pierre de Mbigou comme produit à indication géographique. Cette décision à forte portée juridique, économique et culturelle vise à protéger l’origine et la traçabilité de ce matériau emblématique de l’artisanat gabonais.
Longtemps associée au savoir-faire national, la pierre de Mbigou bénéficie désormais d’un cadre légal clair. À travers ce décret, l’État entend protéger l’authenticité de cette pierre, extraite exclusivement dans les localités de Mbigou, Lambaréné et Kango, contre les usages abusifs et l’exploitation non contrôlée. Selon le communiqué officiel, la mesure vise à « renforcer la protection juridique de ce produit du terroir, à structurer sa valorisation économique et à contribuer à la promotion du patrimoine culturel et artisanal gabonais ».
Au-delà de la reconnaissance juridique, le gouvernement ambitionne de structurer une filière à fort potentiel. Le décret prévoit la mise en place de règles de certification et de mécanismes de contrôle destinés à lutter contre l’extraction anarchique, qui fragilise à la fois la ressource et les artisans. L’objectif affiché est de sécuriser les circuits de production, garantir une exploitation durable et faire de la pierre de Mbigou un véritable levier de développement économique pour les communautés locales.
Géolocalisée dans les villes de Mbigou, de Lambaréné et de Kango, la pierre de Mbigou, une stéatite aux nuances variées, est particulièrement prisée pour sa texture douce permettant des finitions fines. Elle constitue la matière première de prédilection de nombreux sculpteurs gabonais, dont certaines œuvres circulent aujourd’hui sur les marchés internationaux, contribuant au rayonnement culturel du pays.
À Alibandeng, les artisans de la Coopérative des produits artisanaux de Mbigou (COPAM) voient dans cette reconnaissance une opportunité majeure. Leurs attentes portent notamment sur la création d’emplois, la formation, l’amélioration de l’accès aux marchés et le développement du tourisme culturel. L’enjeu reste de concilier exploitation durable et dynamisation économique, avec l’espoir que cette reconnaissance en indication géographique se traduise par des investissements concrets, la modernisation des ateliers et une meilleure commercialisation des œuvres.
En consacrant la pierre de Mbigou comme produit à indication géographique, l’État gabonais pose ainsi les bases d’une valorisation culturelle renforcée et d’un développement local plus structuré. Reste désormais à transformer cette avancée juridique en actions concrètes, afin que ce patrimoine artisanal devienne un moteur durable de croissance et de rayonnement pour le Gabon.

