
Piraterie maritime : le Gabon accélère vers une brigade mixte d’intervention rapide
La recrudescence des actes de piraterie dans les eaux gabonaises pousse les autorités à renforcer leur dispositif sécuritaire. Dans la foulée de l’attaque survenue récemment contre un navire de la société IB Fish, le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, a convoqué en urgence, le lundi 12 janvier 2026, une réunion stratégique avec son cabinet et les services techniques concernés. Objectif : définir une réponse rapide et coordonnée face à une menace devenue préoccupante pour la sécurité maritime nationale.
L’incident, survenu dans la nuit du 10 au 11 janvier, a mis en lumière la vulnérabilité des activités halieutiques gabonaises. Alors qu’il opérait à environ 7 miles au sud-ouest d’Ekwata, le navire ciblé a été attaqué par un groupe de pirates, conduisant à la capture de neuf marins asiatiques, dont cinq ressortissants chinois et quatre indonésiens. Un acte grave qui relance le débat sur la protection des équipages, des navires et des ressources marines du pays.
Au cours de la séance de travail, le ministre Massamba n’a pas caché ses inquiétudes face à l’exposition croissante des eaux gabonaises aux réseaux criminels opérant dans le golfe de Guinée. Pour le membre du gouvernement, cet événement souligne non seulement la nécessité de renforcer la surveillance maritime, mais aussi celle d’améliorer les mécanismes d’assurance et de protection pour les professionnels de la mer.
En réponse à cette situation alarmante, le ministre a instruit le directeur général des Pêches et de l’Aquaculture (DGPA) de travailler en synergie avec les autres services compétents de l’État en vue de la mise en place d’une brigade mixte d’intervention rapide. Cette unité spécialisée aura pour mission d’intervenir dans des zones maritimes stratégiques, afin de renforcer la présence de l’État en mer et de sécuriser aussi bien la pêche industrielle que la pêche artisanale.
Parallèlement, le ministère entend durcir le cadre réglementaire. Les mouvements des navires de pêche industrielle, des embarcations artisanales ainsi que l’identité des marins embarqués feront désormais l’objet d’un suivi plus rigoureux. Une mesure destinée à améliorer la traçabilité des activités en mer et à limiter les failles exploitées par les groupes criminels. « Cet incident met en lumière les défis sécuritaires persistants dans nos eaux maritimes et soulève de sérieuses préoccupations quant à la protection des acteurs du secteur », a déclaré Aimé Martial Massamba.
Cette attaque s’inscrit dans un contexte régional marqué par des menaces récurrentes de piraterie maritime. Elle rappelle l’urgence pour les États riverains du golfe de Guinée de renforcer leur coopération et leurs dispositifs de sécurité. Pour le Gabon, les annonces faites traduisent une volonté claire de rassurer les opérateurs économiques, de préserver les ressources halieutiques et de consolider les fondements de son économie bleue.
La future brigade mixte d’intervention rapide apparaît ainsi comme un levier stratégique majeur. Sa mise en œuvre marquerait une étape décisive dans la sécurisation des eaux gabonaises et dans la lutte contre la piraterie maritime, affirmant la détermination des autorités à garantir la sûreté des marins et la souveraineté maritime du pays.

