
Électricité au Gabon : près de 3 000 abonnés de la SEEG épinglés pour non-paiement
Près de 3 000 abonnés identifiés dans la base de données de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) ne s’acquitteraient pas de leurs factures d’électricité. La révélation, faite par le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, met en lumière une situation préoccupante qui fragilise les finances du secteur et compromet les efforts d’amélioration du service public.
Intervenant le lundi 23 février 2025 dans l’émission « Le Gouvernement s’exprime », diffusée sur Gabon 24, le ministre Philippe Tonangoye a indiqué que « près de 2 887 branchements directs » ont été recensés à travers le pays. Selon lui, ces branchements correspondent à des abonnés formellement identifiés dans la base de données de la SEEG mais qui ne paient pas leur consommation électrique. « Cela signifie que 2 887 abonnés de la SEEG, identifiés dans sa base de données, ne paient pas leur électricité », a-t-il précisé.
Ces pratiques, assimilées à des raccordements irréguliers ou à des contournements du système de facturation, constituent un manque à gagner significatif pour l’entreprise publique. Plus préoccupant encore, le ministre affirme disposer d’une liste exhaustive des contrevenants. « Nous disposons de la liste précise de tous les compatriotes en situation de branchement direct. Elle sera publiée et il n’y aura plus de chasse gardée pour qui que ce soit », a-t-il averti.
Outre les 2 887 comptes incriminés, des cités à Libreville, certaines casernes militaires ainsi que des établissements scolaires publics et privés seraient également concernés, et ce, « sans aucune justification ». Ces irrégularités surviennent dans un contexte où le secteur énergétique fait déjà face à d’importants défis : insuffisance de production, vétusté des réseaux de distribution et nécessité de moderniser les infrastructures pour répondre à une demande croissante.
Face à cette situation, les autorités annoncent la fermeté. Une brigade mixte a été mise en place en collaboration avec la SEEG. Elle regroupe des officiers de police judiciaire, des éléments de la Gendarmerie nationale et des agents de l’entreprise. Objectif : procéder « incessamment » aux opérations de débranchement des installations irrégulières. Selon le ministre, certains branchements directs perdurent depuis « 5, 10, 15, voire 20 ans ».
Au-delà de l’impact financier, la question interpelle sur le civisme et la responsabilité collective. Le paiement régulier des factures constitue un levier essentiel pour garantir la continuité et la qualité du service public, notamment dans le cadre de la politique d’accès universel à l’eau et à l’énergie. Dans un pays où de nombreux ménages s’acquittent régulièrement de leurs obligations malgré les difficultés économiques, la persistance de tels privilèges fragilise le principe d’équité entre usagers.
La régularisation des branchements et le respect des obligations de paiement apparaissent désormais comme des conditions indispensables pour rétablir l’équilibre financier du secteur et renforcer durablement la performance du service public de l’électricité au Gabon. Reste à savoir si la publication annoncée des listes et les opérations de débranchement permettront de tourner la page de ces pratiques ancrées depuis des années. Une chose est certaine : le chantier de la moralisation et de la transparence est désormais ouvert.

