
Conseil des ministres : Oligui Nguema hausse le ton et lance une vaste offensive réformatrice
Libreville, 26 juin 2026 – Le Conseil des ministres réuni ce 25 juin sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, aura été marqué par une série de décisions majeures touchant aussi bien la gouvernance publique que les secteurs stratégiques de l’économie. Plus qu’une simple réunion gouvernementale, cette session apparaît comme un signal fort adressé à l’administration et aux citoyens : l’heure est désormais à l’exécution rigoureuse des engagements pris devant la Nation.
La discipline gouvernementale érigée en principe cardinal
Revenant sur son discours sur l’état de la Nation du 15 juin dernier, le président de la République a rappelé que les décisions prises en Conseil des ministres ne sauraient être remises en question une fois adoptées. Une mise au point qui traduit la volonté du chef de l’État d’imposer davantage de cohérence et de discipline au sein de l’appareil gouvernemental.
Cette exigence s’accompagne d’un renforcement du rôle du Conseil interministériel, appelé à devenir un véritable espace de maturation des projets avant leur présentation au Conseil des ministres. Une démarche destinée à éviter les réformes improvisées et à améliorer la qualité des textes soumis à l’exécutif.
Eau et électricité : la fin annoncée du modèle SEEG
Parmi les annonces les plus significatives figure la présentation des projets de loi créant deux nouvelles entités publiques : La Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon. Cette réforme consacre la séparation des activités de la SEEG et vise à doter chaque secteur d’un opérateur spécialisé.
L’objectif affiché est double : améliorer la qualité des services publics et accélérer l’accès universel à l’eau potable et à l’électricité. Cette restructuration constitue l’une des réformes les plus ambitieuses engagées dans le secteur des infrastructures depuis plusieurs années.
Sécurité : un programme 2026-2030 pour moderniser les forces de police
Face à l’évolution des menaces sécuritaires, le gouvernement a examiné un projet de loi de programmation sécuritaire couvrant la période 2026-2030. Le texte prévoit un renforcement substantiel des capacités humaines, technologiques et matérielles de la Police nationale.
Cybercriminalité, criminalité transfrontalière, terrorisme et protection des populations figurent parmi les priorités identifiées. Le gouvernement entend également renforcer la proximité entre les forces de sécurité et les citoyens afin de consolider la confiance entre les institutions et la population.
Relance économique : cap sur l’investissement et l’intégration africaine
Sur le plan économique, plusieurs mesures traduisent une volonté de renforcer l’attractivité du Gabon. Le Conseil a notamment validé la mise en œuvre de la feuille de route issue du Haut Conseil pour l’Investissement, fruit d’une large concertation entre acteurs publics et privés.
Parallèlement, le président de la République a insisté sur la nécessité de développer davantage le commerce intra-africain, en encourageant notamment les importations en provenance du continent. Une orientation qui s’inscrit dans une logique d’intégration économique régionale et de diversification des partenariats commerciaux.
Le projet de ratification de l’accord de partenariat économique conclu avec les Émirats arabes unis ouvre également de nouvelles perspectives en matière d’investissements, de transferts de technologies et d’échanges commerciaux.
Gouvernance et institutions : vers davantage de transparence
Le Conseil a également examiné plusieurs textes visant à renforcer l’État de droit et la transparence dans la gestion publique. Parmi eux figure le projet de loi organique relatif à la Cour constitutionnelle, qui redéfinit son organisation et son fonctionnement.
D’autres réformes concernent l’encadrement des nominations aux emplois supérieurs de l’État, le plafonnement des rémunérations au sein des autorités administratives indépendantes ainsi que la création des Brigades mixtes de contrôle et d’inspection destinées à lutter contre la fraude et les pratiques commerciales illicites.
Santé, agriculture et protection sociale : des avancées ciblées
Le gouvernement a pris acte de l’achèvement des travaux du Laboratoire national de santé publique, désormais doté de capacités renforcées pour la surveillance épidémiologique et les analyses biomédicales.
Sur le front agricole, les autorités ont reconnu plusieurs insuffisances dans la gestion du parc d’engins acquis par l’État et annoncé des mesures correctives visant à optimiser leur utilisation.
Enfin, la création d’une Journée nationale de la personne retraitée et de la personne âgée, célébrée chaque 1er octobre, traduit la volonté de mieux valoriser la contribution des aînés à la société gabonaise.
Une dynamique de transformation à l’épreuve des résultats
Au-delà de la diversité des textes examinés, ce Conseil des ministres révèle une constante : la recherche d’une administration plus efficace, d’institutions plus crédibles et d’une économie davantage tournée vers la performance.
Reste désormais le défi de la mise en œuvre. Car si les annonces et les réformes se multiplient, leur réussite dépendra de la capacité des administrations à traduire rapidement ces orientations en résultats concrets pour les populations. C’est précisément sur ce terrain que le président Oligui Nguema semble vouloir être jugé.

