
Manganèse : le Gabon mise 739 millions de FCFA pour tourner la page des exportations brutes
Le Gabon entend changer de paradigme dans l’exploitation de son manganèse. Longtemps exportée à l’état brut, cette ressource stratégique est désormais appelée à devenir un moteur d’industrialisation et de création de valeur sur le territoire national. Dans cette perspective, le gouvernement prévoit, à travers la loi de finances 2026, la création d’un fonds dédié à la transformation locale du manganèse, doté de 739 millions de francs CFA.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à faire du secteur minier un véritable levier de diversification économique, de création d’emplois et de développement industriel.
Miser sur la transformation pour capter davantage de valeur
Classé parmi les principaux producteurs mondiaux de manganèse, le Gabon tire une part importante de ses revenus miniers de cette ressource. Pourtant, une grande partie de la production continue d’être exportée sans transformation avancée, privant ainsi l’économie nationale d’une partie importante de la valeur générée tout au long de la chaîne industrielle.
En consacrant une enveloppe de 739 millions de FCFA à un fonds spécifique, l’État ambitionne de soutenir les investissements dans les unités de transformation, d’encourager l’implantation d’industries spécialisées et d’accompagner les opérateurs engagés dans la valorisation locale du minerai.
L’objectif est clair : faire du manganèse un produit transformé au Gabon plutôt qu’une simple matière première destinée aux marchés internationaux.
Une ambition industrielle à l’horizon 2029
Cette politique s’inscrit dans la volonté des autorités de mettre progressivement un terme aux exportations de manganèse brut d’ici 2029. À terme, le pays ambitionne de produire localement des alliages, des produits métallurgiques et d’autres dérivés à forte valeur ajoutée.
Une telle évolution permettrait non seulement d’accroître les recettes publiques, mais aussi de développer un tissu industriel plus robuste, de favoriser l’émergence de nouvelles compétences nationales et de créer des emplois qualifiés dans les métiers de la transformation minière.
Les défis d’une industrialisation réussie
Si l’ambition est clairement affichée, sa concrétisation reposera sur plusieurs conditions essentielles. La disponibilité d’une énergie fiable et compétitive, l’amélioration des infrastructures logistiques, le développement d’une main-d’œuvre qualifiée ainsi que la mobilisation de partenaires industriels capables d’apporter des technologies et des capitaux constitueront des facteurs déterminants.
Le succès de cette stratégie dépendra également de la capacité du pays à créer un environnement attractif pour les investisseurs tout en garantissant la compétitivité de son industrie minière.
Vers un nouveau modèle économique
Avec la mise en place de ce fonds, le Gabon confirme sa volonté d’accélérer la transformation structurelle de son économie. Au-delà de la seule exploitation des ressources naturelles, les autorités souhaitent désormais privilégier une approche fondée sur la création de valeur locale, l’industrialisation et la montée en gamme de la production nationale.
En faisant de la transformation du manganèse une priorité, le pays pose les bases d’un modèle économique davantage orienté vers la production industrielle et la souveraineté économique. Une orientation qui pourrait, à terme, repositionner le Gabon comme un acteur majeur de la transformation minière sur le continent africain.

