Intelligence artificielle : l’ONU veut en faire un accélérateur du développement durable

Intelligence artificielle : l’ONU veut en faire un accélérateur du développement durable

L’intelligence artificielle n’est plus seulement perçue comme une révolution technologique. Elle apparaît désormais comme un outil susceptible de transformer en profondeur les politiques de développement. Santé, éducation, agriculture, emploi, innovation : ses applications pourraient contribuer à améliorer les conditions de vie et à accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). Mais pour les Nations unies, cette promesse ne pourra devenir réalité que si l’IA est accessible au plus grand nombre.

Une technologie au service du développement

À l’occasion d’une prise de parole consacrée à l’avenir de l’intelligence artificielle, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé la communauté internationale à faire de cette technologie un instrument d’inclusion et de progrès partagé.

« Peu de domaines sont aussi porteurs d’espoir pour notre avenir commun que l’application de l’IA au développement durable », a-t-il déclaré.

Pour le chef de l’ONU, l’IA pourrait notamment contribuer à accélérer les avancées médicales, transformer les systèmes éducatifs, renforcer les systèmes alimentaires, stimuler de nouvelles industries et favoriser la création d’emplois décents.

Des perspectives qui concernent particulièrement les pays en développement, confrontés à des défis importants en matière d’accès aux soins, d’éducation, de productivité agricole ou encore d’insertion professionnelle.

La fracture numérique, principal obstacle

Cette révolution technologique comporte toutefois un risque majeur : celui d’élargir davantage les écarts entre les pays et les populations.

De nombreux États disposent encore d’une connectivité limitée, d’infrastructures numériques insuffisantes ou d’un accès irrégulier à l’électricité. Des contraintes qui réduisent considérablement leur capacité à développer et utiliser les technologies d’intelligence artificielle.

À ces difficultés s’ajoute la concentration des capacités de calcul, des données et des compétences spécialisées entre les mains d’un nombre limité d’acteurs et de pays.

Pour António Guterres, cette situation pourrait transformer l’IA en nouveau facteur d’inégalités si les conditions d’accès à la technologie ne sont pas repensées.

« Nous ne pouvons pas laisser faire »

Le Secrétaire général de l’ONU appelle ainsi à tirer les leçons des précédentes transformations technologiques afin d’éviter que les mêmes déséquilibres ne se reproduisent.

« Cela ne se produira pas si les injustices du passé se répètent dans les technologies de demain. Nous ne pouvons pas laisser faire », a-t-il averti.

L’enjeu dépasse donc la seule question de l’innovation. Il concerne également l’accès aux infrastructures, à la connaissance, aux données et aux compétences nécessaires pour exploiter efficacement l’IA.

Une approche qui suppose notamment de renforcer la formation, d’améliorer la connectivité et de favoriser le transfert de compétences vers les pays qui disposent encore de capacités technologiques limitées.

Faire de l’IA un outil de progrès partagé

Pour les Nations unies, la réponse passe par une coopération internationale renforcée entre États, entreprises, chercheurs et institutions.

L’objectif est de construire un environnement dans lequel les bénéfices de l’intelligence artificielle puissent être mieux répartis et contribuer aux priorités du développement durable plutôt que d’accentuer les fractures existantes.

« Le défi qui se pose à nous est clair : faire de l’intelligence artificielle un levier d’inclusion et de progrès partagé », a résumé António Guterres.

À l’heure où l’IA s’intègre progressivement dans les économies et les services publics, le débat ne porte donc plus uniquement sur ce que cette technologie est capable de faire. Il porte désormais sur la capacité de la communauté internationale à garantir que ses bénéfices ne soient pas réservés à quelques-uns.

Pour les pays en développement, l’enjeu est particulièrement stratégique : ne pas seulement consommer l’intelligence artificielle, mais disposer des infrastructures, des compétences et des politiques nécessaires pour en faire un véritable outil de développement.

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