Vacations universitaires : l’audit révèle plus d’un milliard de FCFA de dépenses injustifiées

Vacations universitaires : l’audit révèle plus d’un milliard de FCFA de dépenses injustifiées

Le Gouvernement veut assainir durablement le système de paiement des enseignants vacataires

Le contrôle des vacations des enseignants du supérieur livre ses premiers enseignements. Diligenté à la demande du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’audit mené sur les exercices académiques 2023-2024 et 2024-2025 met en évidence un écart de plus d’un milliard de francs CFA entre les montants réclamés par les établissements publics et les dépenses effectivement justifiées.

Conduite par la Direction de l’audit et du contrôle interne du ministère des Finances, l’opération a porté sur douze structures publiques réparties sur l’ensemble du territoire, notamment des universités, grandes écoles et instituts de recherche.

Plus d’un milliard de FCFA écarté après vérification

Les établissements avaient soumis à l’État une facture globale estimée à 3,488 milliards de FCFA au titre des vacations. Après examen des pièces comptables et des états de paiement, les auditeurs ont toutefois identifié un montant de 1 060 193 019 FCFA ne reposant pas sur des justifications suffisantes.

Cette différence met en lumière plusieurs irrégularités dans la gestion et la déclaration des heures de cours.

Heures non justifiées et anomalies comptables

L’audit fait notamment ressortir des heures déclarées sans justificatifs, des dépassements des plafonds réglementaires ainsi que des insuffisances dans la conservation des pièces comptables.

Les contrôleurs ont également relevé des situations de double comptabilisation, l’intégration de dépenses étrangères aux vacations et des prélèvements fiscaux perçus mais qui n’auraient pas été reversés au Trésor public.

Ces constats soulignent la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de fiabiliser les données utilisées pour le paiement des enseignants vacataires.

Le Gouvernement prépare une réforme du dispositif

Au lendemain de la publication des conclusions de l’audit, le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Charles Edgard Mombo, a été reçu le mardi 11 août par le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, afin d’examiner les suites à donner à cette opération.

L’exécutif entend désormais s’attaquer aux causes structurelles des dysfonctionnements. Une révision du cadre juridique, notamment du décret de mars 2023 relatif aux obligations de service et au paiement des heures supplémentaires, est envisagée.

La fiabilisation du fichier des enseignants vacataires et l’harmonisation des états de paiement figurent également parmi les priorités annoncées.

Tolérance zéro en cas de malversations

Au-delà de la rationalisation des dépenses publiques, les autorités veulent instaurer un système plus transparent et mieux contrôlé. L’objectif est de garantir que chaque heure déclarée corresponde à une prestation réelle et vérifiable.

Si la priorité est donnée à la prévention et à la réforme du dispositif, le Gouvernement entend toutefois maintenir une ligne de fermeté. En cas de malversations avérées, la justice pourra être saisie.

À travers cet audit, l’exécutif entend ainsi transformer une opération de contrôle financier en levier d’assainissement durable de la gouvernance universitaire, avec pour enjeux la maîtrise des dépenses publiques et la restauration de la confiance dans la gestion des établissements d’enseignement supérieur.

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