
Gabon : les chantiers inachevés dans le viseur de l’État
Les immeubles abandonnés et les chantiers inachevés qui jalonnent les principaux axes de Libreville pourraient bientôt faire l’objet de mesures plus contraignantes. Dans son discours à la Nation du 16 août 2026, à la veille de la célébration du 66e anniversaire de l’Indépendance, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a adressé une mise en garde aux propriétaires concernés.
Après les mises en demeure, l’État envisage la possibilité de recourir à des mesures normatives pouvant aller jusqu’à la réquisition de certains sites pour cause d’utilité publique. Le chef de l’État a toutefois insisté sur le respect de la Constitution et du droit de propriété.
Cette annonce intervient dans un contexte de transformation de Libreville. Les autorités souhaitent améliorer l’image de la capitale, notamment à l’approche d’éventuels grands rendez-vous internationaux, dont un prochain sommet de l’Union africaine que le Gabon ambitionne d’accueillir.
Un enjeu économique et urbain
Au-delà de la question esthétique, les bâtiments laissés à l’abandon représentent également un enjeu économique. Certains occupent des terrains stratégiquement situés, tandis que leur dégradation peut contribuer à l’insécurité et à la détérioration du cadre de vie.
Pour les autorités, l’objectif est donc de pousser les propriétaires à reprendre leurs projets, à sécuriser leurs sites ou à les mettre en conformité avec les exigences urbaines.
Mais la perspective d’une réquisition soulève également une question essentielle : jusqu’où l’État peut-il aller pour défendre l’intérêt général tout en garantissant les droits des propriétaires ?
L’analyse de Gabon Officiel
Pour Gabon Officiel, cette annonce peut être comprise comme un signal fort adressé aux investisseurs et aux propriétaires : posséder un terrain ou un immeuble situé dans un emplacement stratégique implique également des responsabilités.
La réhabilitation des chantiers abandonnés pourrait contribuer à transformer le visage de Libreville, à valoriser le foncier disponible et à créer de nouvelles opportunités économiques.
Mais cette politique devra être encadrée avec rigueur. Des critères précis devront déterminer les situations pouvant justifier une intervention de l’État, tandis que les propriétaires devront bénéficier de procédures transparentes et de voies de recours conformes au droit.
Le défi sera donc de trouver le juste équilibre entre attractivité urbaine, intérêt général et protection du droit de propriété.
Si elle est correctement encadrée, la reprise des chantiers abandonnés pourrait devenir un véritable levier de transformation urbaine. Libreville ne peut prétendre à un rayonnement international tout en conservant, sur ses principaux axes, des bâtiments à l’abandon et des projets inachevés.
L’enjeu est désormais de transformer cette mise en garde présidentielle en une politique claire, équitable et durable de reconquête urbaine.

