
Grève nationale des enseignants : le silence des salles de classe marque la reprise scolaire
Ce lundi 5 janvier 2026, la reprise des cours sur l’ensemble du territoire gabonais a été totale mais silencieuse. Dans toutes les régions — Libreville, Ntoum, Makana, Mouila, Minvoul, Boucavele — les salles de classe sont restées fermées, témoignant de la colère des enseignants face à ce qu’ils qualifient de négligence des autorités vis-à-vis de leurs revendications.
Depuis 8 heures du matin, élèves et parents ont constaté que les écoles primaires et secondaires sont fermées. Certains enseignants sont présents en salle des professeurs, d’autres n’ont même pas rejoint leurs établissements. Selon un enseignant de l’hinterland, « toutes les classes sont fermées, les enseignants sont en salle des professeurs, d’autres ne sont même pas venus ».
Cette grève fait suite à un mot d’ordre lancé avant les vacances de Noël par le mouvement SOS Éducation, dénonçant le silence du ministère de l’Éducation nationale face à des revendications anciennes et persistantes. Les enseignants réclament notamment :
La dignité professionnelle et la reconnaissance de leur rôle dans le système éducatif ;
De meilleures conditions de travail, souvent décriées depuis des années ;
La régularisation des situations administratives et financières ;
La gestion des effectifs pléthoriques qui rendent l’enseignement difficile.
Le mécontentement du corps éducatif est tel que certains observateurs évoquent déjà le risque d’une année blanche pour 2025-2026 si aucune solution rapide n’est trouvée. La grève n’affecte pas seulement les enseignants : ce sont des milliers d’élèves qui subissent les conséquences directes de ce mouvement et voient leur année scolaire compromise.
Pour les enseignants, il ne s’agit pas seulement d’un arrêt de travail, mais d’un appel au dialogue réel et constructif. Les syndicats espèrent que ce mouvement incitera les autorités à ouvrir des négociations sincères, en vue de trouver des solutions durables et de restaurer la confiance entre l’État et le corps éducatif.
Désormais, la balle est dans le camp des autorités. La communauté éducative attend des réponses concrètes pour éviter que l’année scolaire ne se termine sur le goût amer d’une année blanche, tout en réaffirmant que les enseignants ne plieront pas tant que leurs demandes légitimes ne seront pas prises en compte.
Ce lundi marque ainsi un tournant critique pour l’éducation nationale gabonaise, où le silence des salles de classe en dit long sur l’urgence d’une réforme et d’un dialogue réel entre les acteurs du secteur.

