Le chantage au Gabon : un délit pénal sévèrement sanctionné par la loi

Le chantage au Gabon : un délit pénal sévèrement sanctionné par la loi

Libreville, janvier 2026 — Souvent minimisé dans les sphères personnelles, professionnelles ou politiques, le chantage n’est pas qu’une simple pression morale : il s’agit d’une infraction pénale grave. Au Gabon, le législateur a mis en place un arsenal juridique strict pour protéger les citoyens et sanctionner quiconque tente d’obtenir un avantage indu par la menace. Cet acte constitue une atteinte directe à la liberté individuelle et à la dignité humaine, deux piliers fondamentaux protégés par notre droit pénal.

Contrairement aux idées reçues, le chantage est spécifiquement codifié par la loi gabonaise. Selon l’article 307 du Code pénal (Loi n°042/2018), le fait d’obtenir, par la menace de révélations ou d’imputations diffamatoires, une signature, un engagement ou la remise de fonds et de valeurs, constitue un délit sévèrement puni. Le contrevenant s’expose à une peine d’emprisonnement de deux à cinq ans et à une amende pouvant atteindre 10 000 000 de FCFA. Il est important de souligner que la sanction s’applique dès l’exercice de la menace, même si l’auteur n’obtient finalement pas le gain escompté.

L’ère numérique a conduit le législateur à renforcer la vigilance. Le Code pénal réprime désormais le chantage sous toutes ses formes : verbal, écrit ou commis via les réseaux sociaux. La loi relative à la cybercriminalité vient compléter ce dispositif, prévoyant des peines allant de 3 mois à 10 ans de prison pour les menaces ou insultes proférées par voie électronique. Ces sanctions sont particulièrement lourdes lorsque les faits présentent des circonstances aggravantes, comme des propos à caractère raciste ou xénophobe.

Face à un maître-chanteur, le silence est souvent le meilleur allié de l’agresseur. Les autorités judiciaires encouragent vivement les victimes à ne pas céder à l’intimidation et à collecter systématiquement les preuves : messages, enregistrements audio, captures d’écran… La procédure recommandée consiste à saisir immédiatement la Police Judiciaire, la Gendarmerie ou le Procureur de la République.

En rappelant ces dispositions, les pouvoirs publics entendent briser la loi du silence : grâce à la loi, la peur doit désormais changer de camp, et toute tentative de chantage sera traitée avec la sévérité qu’exige la justice gabonaise.

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