
Le Cloud : une opportunité pour l’Afrique ou un risque à maîtriser ?
Le numérique redessine aujourd’hui les contours du développement économique, social et culturel de l’Afrique. Parmi les innovations les plus stratégiques, le Cloud computing s’impose comme un levier incontournable. Mais il soulève également des interrogations : doit-on y voir une opportunité pour accélérer la transformation digitale du continent ou un risque qu’il faut maîtriser ?
Une opportunité à fort potentiel
1- Accélération de la transformation digitale : le Cloud permet aux PME, aux administrations et aux start-up africaines d’accéder à des services numériques performants (stockage, applications, intelligence artificielle) sans avoir à investir massivement dans des infrastructures coûteuses.
Exemple : une start-up fintech peut, grâce au Cloud, traiter des milliers de transactions sécurisées par jour, à moindre coût.
2- Inclusion et compétitivité : le Cloud abaisse la barrière d’entrée à l’innovation. Des secteurs comme l’agriculture, la santé ou l’éducation en tirent déjà profit.
Illustration : en Ouganda, des solutions agricoles basées sur le Cloud permettent aux agriculteurs de suivre la météo et d’optimiser leurs récoltes.
3- Croissance économique : selon une étude de la Banque mondiale, la digitalisation pourrait générer plus de 180 milliards de dollars de valeur ajoutée en Afrique d’ici 2025, dont une large part via les services Cloud.
*Des risques réels à anticiper*
– Souveraineté numérique : la plupart des serveurs sont hébergés hors du continent (Europe, Amérique, Asie). Cela pose la question du contrôle des données africaines, notamment celles des citoyens et des institutions publiques.
– Cybersécurité : avec l’augmentation des cyberattaques, l’Afrique doit renforcer ses mécanismes de protection et former davantage d’experts.
Exemple : en 2023, plusieurs banques africaines ont subi des attaques par rançongiciel ayant paralysé leurs systèmes pendant plusieurs jours.
– Dépendance technologique : un usage non maîtrisé du Cloud risque d’accroître la dépendance des États et entreprises africaines vis-à-vis des géants mondiaux (GAFA, BATX).
La question n’est donc pas de savoir s’il faut adopter le Cloud, mais comment l’adopter intelligemment. L’Afrique gagnerait à investir dans :
– des data centers locaux,
– une réglementation claire sur la protection des données,
– des partenariats public-privé favorisant l’innovation,
– et la formation d’ingénieurs et de spécialistes en cybersécurité.
Ainsi, le Cloud peut devenir une opportunité stratégique pour l’Afrique, à condition d’être intégré dans une vision de souveraineté numérique et de sécurité renforcée.

