Nouvelles mesures contre le vagabondage et la mendicité, un cadre légal strict pour protéger les enfants et l’espace public

Nouvelles mesures contre le vagabondage et la mendicité, un cadre légal strict pour protéger les enfants et l’espace public

Au Gabon, le Titre XIV du Code pénal, consacré au vagabondage et à la mendicité, encadre désormais des situations longtemps tolérées dans l’espace public. L’objectif affiché est double : responsabiliser les personnes valides sans activité et lutter contre l’exploitation de la mendicité, en particulier celle des enfants.

Selon l’article 196, est considérée en état de vagabondage toute personne valide, incapable de justifier d’un moyen de subsistance, dépourvue de domicile certain, et qui, volontairement, n’exerce ni métier ni profession de manière habituelle. Cette infraction peut entraîner jusqu’à six mois d’emprisonnement, mais la loi prévoit également une alternative : la peine de travail d’intérêt général, conformément aux dispositions de l’article 23 du Code pénal, offrant une perspective de réinsertion sociale.

Le législateur cible également les abus liés à la mendicité. L’article 197 assimile au vagabondage les personnes valides qui se présentent faussement comme invalides pour mendier, les exposant aux mêmes sanctions. Cette mesure traduit la volonté de réprimer les pratiques frauduleuses, tout en distinguant les situations de réelle vulnérabilité.

La loi se montre encore plus sévère concernant l’exploitation des enfants. Toute personne qui utilise un mineur pour mendier ou qui l’y oblige s’expose à une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et cinq millions de francs CFA d’amende, ou à l’une de ces deux sanctions seulement. Cette disposition constitue une ligne rouge claire : la protection des mineurs prime sur toute autre considération.

À travers ce dispositif, les autorités gabonaises entendent assainir l’espace public, prévenir les dérives sociales organisées et rappeler que la précarité ne saurait justifier l’exploitation, en particulier celle des mineurs. Le texte se veut à la fois répressif et dissuasif, tout en laissant une place aux sanctions alternatives lorsque la réinsertion sociale est possible.

Avec ces mesures, le Gabon affirme sa volonté de protéger les plus vulnérables tout en responsabilisant les citoyens, établissant un équilibre entre justice sociale et sécurité publique.

CATEGORIES
Share This

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )