
Pêche au Gabon : cap sur la souveraineté bleue et la modernisation du secteur
Face à l’essoufflement de la pêche artisanale et à la pression croissante sur les ressources halieutiques, le Gabon engage une transformation en profondeur de son secteur maritime.
Inscrite dans la feuille de route gouvernementale des 100 jours, cette réforme ambitieuse vise à repositionner la pêche comme un levier stratégique de souveraineté économique et de développement durable.
Une vision portée par les autorités
Portée par Aimé-Martial Massamba, la nouvelle orientation repose sur une vision claire : adapter le cadre réglementaire, structurer la filière et renforcer la gouvernance d’un secteur longtemps resté en marge des grandes priorités nationales.
Trois axes structurants pour transformer la pêche
Au cœur de cette stratégie, trois axes majeurs se dégagent :
- la souveraineté halieutique et la préservation des espaces marins,
- la structuration de la filière pêche, avec un accent sur la transformation locale,
- la modernisation de la gouvernance de l’économie bleue.
Ces piliers visent à créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire tout en garantissant une gestion durable des ressources.
Une refonte du cadre juridique en cours
Pour concrétiser cette ambition, une révision du cadre réglementaire est engagée.
Au total, quatre projets de décrets et sept arrêtés sont en préparation afin de réorganiser le fonctionnement du ministère et de renforcer la régulation du secteur. Une étape jugée essentielle pour faire face à des défis économiques, environnementaux et sécuritaires croissants.
La lutte contre la pêche illicite en priorité
Parmi les enjeux majeurs figure la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
Malgré les efforts des brigades de surveillance et de la marine nationale, l’absence de données fiables complique l’évaluation des pertes économiques. Cette situation souligne la nécessité de renforcer les outils de suivi et de contrôle.
Un besoin urgent de compétences
À cela s’ajoute un déficit en ressources humaines qualifiées. Le gouvernement reconnaît que le développement du secteur passe aussi par la formation et la professionnalisation des acteurs.
L’objectif est double :
- améliorer les compétences techniques,
- instaurer une culture d’éthique et de rigueur dans les métiers de la pêche.
Vers une industrialisation du secteur
Dans ce contexte, les autorités misent sur le développement de la pêche industrielle et des infrastructures adaptées pour dépasser les limites de l’artisanat.
L’ambition est d’encourager les investissements locaux et de bâtir une véritable chaîne de valeur, capable d’assurer une production régulière et de répondre efficacement à la demande nationale.
Relance de la pisciculture et innovation financière
La relance des stations piscicoles, notamment celles de Stéfo et de la Péry, s’inscrit dans cette dynamique.
Ces projets pilotes, axés sur l’écloserie, devraient permettre d’augmenter significativement la production nationale et de réduire la dépendance aux importations.
Par ailleurs, le recours aux Blue Bonds illustre la volonté du Gabon d’innover en matière de financement. Ce mécanisme vise à mobiliser des ressources importantes pour soutenir des projets structurants, notamment :
- l’amélioration des systèmes d’information,
- la modernisation des infrastructures de débarquement,
- le renforcement du contrôle sanitaire.
Une ambition pour l’économie bleue
À travers cette série de réformes, le Gabon affiche une ambition claire : bâtir un secteur halieutique moderne, durable et compétitif.
Entre souveraineté alimentaire, protection des ressources et attractivité économique, le pays joue une carte décisive pour l’avenir de son économie bleue.

