
Gabon : Le Conseil des ministres trace une nouvelle voie de rigueur, de transparence et de transformation nationale
Sous la Très Haute Présidence de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres du 04 décembre 2025 s’est tenu au Palais de la Présidence, marqué par un discours ferme et sans concession du Chef de l’État. Cette session a mis en lumière l’exigence d’un sursaut collectif pour achever la refondation nationale amorcée depuis le 30 août 2023.
Le Président de la République a rappelé que la probité, l’exemplarité et le patriotisme doivent redevenir les piliers de l’action publique. Il a déploré la persistance de pratiques contraires à l’éthique républicaine : corruption, détournement de la fonction publique et logiques de clans. Des dérives qu’il a promis de sanctionner avec “immédiateté et exemplarité”.
Sur le plan économique, le Chef de l’État a instruit l’accélération de la digitalisation des finances publiques, avec le déploiement du Système intégré de gestion des finances publiques. Cette réforme permettra d’unifier et de dématérialiser la chaîne fiscale et douanière pour plus d’efficacité et de transparence. Dans cette dynamique, l’instauration dès 2026 d’une taxe forfaitaire d’habitation, prélevée via la facturation électrique, s’inscrit dans le cadre du pacte fiscal républicain, avec un rendement attendu de 2,8 milliards FCFA.
La rationalisation de la dépense publique constitue un autre point central. Le Conseil a dénoncé l’inflation injustifiée des jetons de présence dans certaines entités étatiques et a décidé d’en limiter strictement la fréquence et les montants. Un cadre normatif complet devra être proposé pour encadrer la gouvernance et la rémunération des organes délibérants.
Face à la dégradation de la position extérieure du pays, attribuée notamment aux retards de rapatriement des devises, le gouvernement a adopté un plan d’action conjoint avec la BEAC pour stabiliser les réserves dès le premier semestre 2026. Parallèlement, la structure des projets financés par les partenaires techniques et financiers sera repensée : restructuration des projets défaillants, création d’un Comité national de pilotage et mise en place d’un Secrétariat technique unique pour renforcer l’efficacité opérationnelle.
Le Chef de l’État a également rappelé la nécessité absolue de garantir la continuité de l’État. Il a condamné les rétentions de dossiers observées lors d’intérims ministériels et exigé leur cessation immédiate.
Sur le plan législatif, plusieurs textes majeurs ont été adoptés. Parmi eux, la création de la Société d’économie mixte Lancaster Re-Ndama, destinée à moderniser l’hôtellerie nationale et renforcer l’attractivité touristique du Gabon. D’autres projets de loi encadrent l’organisation du CESEC, l’habilitation du Président à légiférer par ordonnance durant l’intersession parlementaire ainsi que la réforme de la Sécurité Sociale, notamment en ce qui concerne les pensions d’invalidité, de survivants et les paramètres de cotisation.
Le Conseil a également examiné plusieurs audits stratégiques : engagements locatifs de l’État, parc immobilier public et compteurs d’eau et d’électricité. Les irrégularités constatées — bâtiments inoccupés, surévaluation des loyers, branchements anarchiques, absence de contrôle des consommations — ont conduit à des mesures immédiates visant à réduire les charges de l’État. Une économie annuelle de plus de 8,3 milliards FCFA est anticipée, ainsi qu’une extension des audits à l’ensemble du territoire.
Au terme de cette session dense et décisive, le gouvernement réaffirme sa volonté de bâtir un État plus efficient, rigoureux et transparent, pleinement aligné sur l’ambition de redressement et de transformation durable portée par le Président de la République.

