
Gabon – Guinée équatoriale : l’Union africaine nomme un émissaire pour solder le différend des îles
Le dossier sensible des îles Mbanié, Conga et Cocoteros entre le Gabon et la Guinée équatoriale entre dans une nouvelle phase. Le mercredi 25 mars 2026, l’Union africaine a désigné Albert Shingiro comme envoyé spécial, chargé d’accompagner la mise en œuvre de la décision rendue le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice (CIJ).
Une décision judiciaire déjà actée mais difficile à appliquer
Cette nomination marque une étape clé dans un contentieux vieux de plus d’un demi-siècle. En mai 2025, la Cour internationale de Justice avait tranché en faveur de la Guinée équatoriale, reconnaissant sans ambiguïté sa souveraineté sur les îles disputées.
Une décision majeure qui mettait juridiquement fin au différend, mais dont l’application concrète tardait encore à se matérialiser sur le terrain.
Un envoyé spécial pour accélérer le processus
L’entrée en scène d’Albert Shingiro répond à cette nécessité d’accélérer le processus. Mandaté par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, l’ancien chef de la diplomatie burundaise aura pour mission de faciliter le dialogue entre les deux États et d’assurer une mise en œuvre apaisée de l’arrêt de la CIJ, tant sur le plan terrestre que maritime.
Une volonté commune de règlement pacifique
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des engagements pris par Libreville et Malabo lors d’une réunion quadripartite organisée en février 2026 sous l’égide de l’Union africaine.
À cette occasion, les deux pays avaient réaffirmé leur volonté commune de privilégier une résolution pacifique du différend, dans le respect du droit international.
La question sensible de la délimitation maritime
Si la souveraineté des îles a été juridiquement clarifiée, la question de la délimitation maritime reste, elle, à affiner. Celle-ci devra être négociée conformément aux dispositions de la Convention de Montego Bay, ouvrant la voie à de nouvelles discussions techniques et diplomatiques entre les deux parties.
Une approche diplomatique pragmatique
Dans ce contexte, la posture du Gabon apparaît pragmatique. Loin de toute escalade, les autorités semblent privilégier une approche conforme aux mécanismes internationaux, acceptant de s’inscrire dans une logique de règlement pacifique et durable.
Un test pour la diplomatie africaine
Au-delà du différend territorial, l’enjeu est désormais diplomatique et stratégique. La réussite de cette médiation pilotée par l’Union africaine constituera un test pour la capacité du continent à résoudre ses litiges par le dialogue et le droit.
Pour le Gabon et la Guinée équatoriale, il s’agit aussi de tourner définitivement la page d’un contentieux historique et de consolider une relation bilatérale fondée sur la coopération plutôt que la rivalité.

