
Port-Gentil : chute d’un réseau de trafic de chanvre estimé à 1,6 million FCFA, deux hommes sous les verrous
À Port-Gentil, la lutte contre le trafic de stupéfiants vient de franchir un nouveau cap avec le démantèlement d’un réseau présumé de distribution de chanvre indien. Deux hommes, âgés de 27 et 48 ans, ont été interpellés par les enquêteurs alors qu’ils seraient impliqués dans la détention et la revente d’un stock estimé à près de 50 bottes, pour une valeur marchande évaluée à environ 1,6 million de francs CFA.
Dans les filets des forces de l’ordre sont tombés Brevia Koumba, chaudronnier au chômage domicilié au quartier Garage Cissé, et Jacques Moubila Mabounda, alias « Claver », bricoleur de 48 ans. Selon les premiers éléments de l’enquête, le plus jeune serait actif sur le terrain en tant que démarcheur, tandis que son présumé complice jouerait un rôle central dans l’organisation du trafic.
L’affaire démarre lors de l’interpellation en flagrant délit de Brevia Koumba, surpris en possession d’une « cuisse » de chanvre indien destinée à un client régulier. Cette arrestation marque le début d’une opération plus large menée par les agents de l’Office central antidrogue (Ocad), qui suivaient discrètement les mouvements du suspect.
Lors de son audition, le jeune homme a rapidement livré des détails sur le fonctionnement du réseau, décrivant un système de commande et de redistribution basé sur des transactions en espèces. Il a reconnu effectuer des ventes fractionnées, en conservant une partie des gains avant de reverser le reste à son fournisseur présumé.
Cette collaboration avec les enquêteurs a permis de remonter jusqu’au domicile de Jacques Moubila Mabounda, situé au quartier Odimba. Sur place, les forces de l’ordre découvrent un stock supplémentaire de stupéfiants, confirmant les soupçons de trafic structuré.
Face aux enquêteurs, le quinquagénaire a tenté de minimiser son implication, évoquant des acquisitions auprès de tiers et niant initialement toute organisation criminelle structurée. Il a toutefois reconnu avoir acheté plusieurs dizaines de « pieds » de chanvre pour des montants relativement faibles, qu’il revendait ensuite à des prix largement supérieurs sur le marché local.
Les investigations de l’Ocad suggèrent néanmoins une organisation plus complexe, avec des circuits d’approvisionnement reliant potentiellement Libreville et des réseaux transfrontaliers en provenance du Congo. La marchandise, souvent désignée sous le nom de « liamba », transiterait par des points stratégiques avant d’être écoulée à Port-Gentil.
Au fil des interrogatoires, les deux suspects ont exprimé des regrets, reconnaissant partiellement leur implication dans ce trafic. Toutefois, les éléments du dossier laissent apparaître une activité régulière et structurée, bien loin d’un simple acte isolé.
La valeur totale des produits saisis est estimée à environ 1,6 million de francs CFA, selon les autorités. Au terme de leur garde à vue, les deux hommes ont été présentés devant le parquet de la République puis placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt du Château, le lundi 27 avril en début d’après-midi.
Cette affaire relance une fois de plus le débat sur la circulation des stupéfiants dans les grands centres urbains du Gabon, et sur la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention et de répression face à un phénomène qui continue de s’étendre.

