
Université Omar Bongo : trêve fragile après la crise des vacations, les examens enfin préservés
Après plusieurs jours de tensions marquées par une levée de boucliers le lundi 11 mai 2026, le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB) et la Frapes ont annoncé la suspension immédiate de leur mouvement d’humeur. Une décision prise à l’issue d’une rencontre d’urgence avec le ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr. Charles-Edgar Mombo, dans un contexte de forte inquiétude autour du déroulement des examens de fin d’année.
Une crise née du retard des vacations et primes académiques
Au cœur du conflit : le non-paiement des vacations et des primes académiques dues aux enseignants-chercheurs. Une situation que les syndicats ont longtemps dénoncée, dans un climat d’exaspération croissante au sein de l’institution.
Ces retards s’inscrivent dans le cadre d’un audit national rigoureux commandité par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, visant à assainir la gestion des finances publiques dans le secteur éducatif.
Selon le professeur Mathurin Ovono Ebe, président du SNEC-UOB, « il était hors de question de payer les vacations avant la fin de l’audit ». Une position initialement ferme, qui a contribué à cristalliser les tensions entre les parties prenantes.
L’intervention gouvernementale pour éviter la paralysie
Face au risque de paralysie totale de l’université en pleine période d’examens, le chef de l’État a finalement instruit le gouvernement de débloquer les fonds pour les établissements dont les vérifications administratives sont déjà finalisées.
Cette décision a permis d’amorcer un retour progressif à la normale, avec un calendrier de paiement déjà établi pour plusieurs composantes de l’université.
Un retour progressif à la stabilité académique
Trois grandes structures sont concernées dans un premier temps : la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE), la Faculté des Sciences, ainsi que l’École Doctorale. Les paiements y sont attendus dès le début de la semaine.
En revanche, la situation de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) reste en suspens, ses conclusions d’audit n’étant pas encore totalement finalisées. Les versements y sont envisagés à partir du mardi 19 mai 2026.
Une trêve sous surveillance et un avenir encore incertain
Si la suspension du mouvement social permet d’éviter une perturbation immédiate des examens, la situation reste fragile. Une assemblée générale d’évaluation est d’ores et déjà prévue afin d’analyser l’évolution des paiements et de décider d’une éventuelle levée définitive de la mobilisation.
Dans les couloirs de l’université, l’attente reste palpable. Entre espoir de normalisation et prudence syndicale, l’avenir du climat académique dépendra désormais de l’exécution effective des engagements pris par les autorités.

