
Davos 2026 : Mark Alexandre Doumba plaide pour une révolution numérique africaine fondée sur le partage et l’innovation
Présent à Dalian en Chine dans le cadre du 17e Forum d’été de Davos, le ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, a défendu une vision ambitieuse du développement technologique africain. Face aux grands décideurs mondiaux, il a appelé à une démocratisation de l’innovation et à un renforcement des partenariats stratégiques, notamment avec la Chine, afin de réduire les inégalités technologiques qui freinent encore le continent.
Réunis à Dalian pour le 17e Forum d’été de Davos, chefs d’État, dirigeants d’entreprises et experts internationaux ont débattu des grandes transformations technologiques qui redessinent l’économie mondiale. En marge de cette rencontre de haut niveau, le ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, s’est entretenu avec la journaliste Zhang Shanhui de CGTN Français sur les défis et opportunités de la coopération numérique internationale.
Pour le membre du gouvernement gabonais, l’Afrique ne peut plus rester à la périphérie de la révolution technologique mondiale. Alors que les centres de recherche et de développement demeurent largement concentrés dans quelques puissances économiques, il estime nécessaire de repenser les mécanismes d’accès à l’innovation afin de permettre aux pays africains de participer pleinement à la transformation numérique.
Rompre avec la concentration mondiale de l’innovation
Selon Mark Alexandre Doumba, le modèle actuel, marqué par une forte centralisation des technologies de pointe, limite les perspectives de développement de nombreuses économies émergentes. Le ministre défend une approche plus inclusive, où le progrès technologique serait partagé au bénéfice de tous.
« L’innovation ne doit pas rester concentrée dans quelques pôles mondiaux. Les pays africains doivent également pouvoir accéder aux technologies, développer leurs compétences et tirer parti des opportunités offertes par la révolution numérique », a-t-il déclaré.
À travers cette prise de position, le Gabon réaffirme sa volonté de faire du numérique un moteur de diversification économique, tout en favorisant l’émergence d’un écosystème local capable de répondre aux enjeux de demain, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, des services numériques et de la transformation digitale des administrations.
La Chine, un partenaire stratégique pour accélérer la transformation numérique
Dans cette dynamique, Libreville mise sur le renforcement de la coopération avec Pékin. Pour les autorités gabonaises, la Chine représente aujourd’hui un partenaire clé capable d’accompagner le continent dans le développement de ses infrastructures numériques et dans le transfert de compétences technologiques.
« La Chine peut accompagner l’Afrique vers l’économie de l’innovation », a soutenu Mark Alexandre Doumba, convaincu que les partenariats sino-africains peuvent contribuer à réduire les écarts technologiques qui persistent entre les différentes régions du monde.
Au-delà des investissements dans les infrastructures, le ministre appelle à la mise en place de collaborations plus structurantes, favorisant l’échange de savoir-faire, le développement de projets innovants et la création de nouvelles opportunités économiques pour les entrepreneurs africains.
Miser sur la jeunesse et le capital humain
Pour le membre du gouvernement, la réussite de la transition numérique ne dépend pas uniquement des équipements et des technologies. Elle repose avant tout sur la capacité des États à former une nouvelle génération de talents capables de concevoir, développer et piloter les innovations de demain.
Le Gabon entend ainsi renforcer les compétences numériques de sa jeunesse afin de bâtir un écosystème plus compétitif et mieux intégré aux chaînes de valeur mondiales. Un objectif qui passe par des investissements accrus dans l’éducation, la formation professionnelle et l’accompagnement des startups technologiques.
Pour une gouvernance technologique plus inclusive
Face aux mutations accélérées du numérique, le Gabon plaide également pour un multilatéralisme renouvelé. À travers la voix de son ministre, le pays défend une gouvernance technologique mondiale plus équilibrée, où chaque nation, indépendamment de son poids économique, pourrait contribuer aux décisions qui façonneront l’avenir du secteur.
À Dalian, Mark Alexandre Doumba a ainsi porté un message clair : l’Afrique ne souhaite plus être un simple consommateur de technologies, mais un acteur à part entière de l’économie numérique mondiale. Une ambition qui, selon lui, passe nécessairement par des partenariats équilibrés, le partage des connaissances et un investissement massif dans le capital humain.

