
Pêche : le Gabon veut reprendre la main sur ses richesses maritimes
Le Gabon entend tourner la page d’un modèle où ses ressources halieutiques profitent davantage à des acteurs étrangers qu’à son économie nationale. Invité de l’émission « Le Gouvernement s’exprime » diffusée le 1er juillet 2026 sur Gabon 24, le ministre de la Mer, Aimé Martial Massamba, a présenté les grandes orientations de sa politique halieutique, plaçant la souveraineté économique et la valorisation locale des ressources marines au cœur de son action.
Face à un secteur encore largement dominé par des opérateurs étrangers, le membre du gouvernement a défendu une vision ambitieuse visant à transformer le potentiel maritime du pays en un véritable levier de croissance, de création d’emplois et de développement industriel.
Construire une filière nationale intégrée
Au centre de cette stratégie figure la création d’un armement national capable de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur. L’objectif est clair : permettre au Gabon de disposer de ses propres navires de pêche, capables non seulement de capturer les ressources halieutiques, notamment le thon, mais aussi d’assurer leur conservation et leur transformationsur le territoire national.
Pour les autorités, il s’agit de mettre fin à une situation où une grande partie des richesses issues des eaux gabonaises est exportée à l’état brut, générant peu de retombées économiques locales. La valorisation des espèces thonières et des poissons pélagiques dans des unités de transformation implantées au Gabon devrait ainsi favoriser l’émergence d’une industrie halieutique nationale et renforcer la contribution du secteur au PIB.
Libreville campe sur ses positions face à l’Union européenne
Cette volonté de souveraineté s’exprime également dans les discussions engagées avec les partenaires internationaux. Alors que l’Union européenne souhaite renégocier l’accord de pêche qui la lie au Gabon, Libreville affiche une position de fermeté.
Aimé Martial Massamba a indiqué que toute évolution de ce partenariat devra impérativement respecter les intérêts stratégiques du pays et s’inscrire dans les orientations du Plan national de croissance et de développement (PNCD). Pour le gouvernement, il n’est pas question de compromettre les objectifs de développement de la filière locale au profit d’intérêts extérieurs.
Cap sur la pêche hauturière
Parallèlement, le ministère de la Mer travaille à l’élaboration d’une stratégie nationale de pêche hauturière. Ce futur cadre réglementaire et opérationnel devra permettre d’encadrer l’exploitation des eaux profondes gabonaises, reconnues pour leur importante richesse halieutique.
À travers cette approche, le gouvernement entend conjuguer développement économique, gestion durable des ressources et renforcement des capacités nationales. Entre armement souverain, industrialisation de la filière et diplomatie économique assumée, le Gabon affiche désormais son ambition de faire de l’océan l’un des piliers de sa diversification économique.
Dans un contexte où la valorisation des ressources naturelles est devenue un enjeu stratégique, les autorités veulent s’assurer que les richesses de la mer profitent d’abord aux Gabonais et contribuent durablement à la transformation de l’économie nationale.

