
Biodiversité : le Gabon prépare sa nouvelle feuille de route pour concilier conservation et développement durable
Libreville – Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa politique environnementale. Réunis à Libreville le 20 juillet 2026, experts, représentants de la société civile, institutions publiques et partenaires internationaux participent à l’Atelier national de validation de la Stratégie et du Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB).
Cette rencontre stratégique, présidée par le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, vise à doter le pays d’une feuille de route alignée sur les objectifs du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité.
Un patrimoine naturel d’importance mondiale
Avec près de 88 % de son territoire couvert par la forêt tropicale humide, le Gabon demeure l’un des principaux réservoirs de biodiversité de la planète. Ses écosystèmes abritent une faune exceptionnelle composée notamment d’éléphants de forêt, de gorilles des plaines de l’Ouest, de baleines à bosse ainsi que de nombreuses espèces végétales et animales endémiques.
Cette richesse naturelle confère au pays une responsabilité particulière dans les efforts mondiaux de préservation de l’environnement et de lutte contre l’érosion de la biodiversité.
Une stratégie construite de manière participative
Lors de l’ouverture des travaux, la coordonnatrice de la Stratégie et du Plan d’Action National Biodiversité, Tsayi Mouvagha, a mis en avant la démarche inclusive ayant conduit à l’élaboration du document.
Pendant plusieurs mois, administrations publiques, collectivités locales, organisations de la société civile, communautés locales, peuples autochtones, chercheurs, acteurs du secteur privé et partenaires techniques et financiers ont contribué à définir une stratégie adaptée aux réalités nationales.
L’objectif est de construire un cadre d’action ambitieux et réaliste, capable de répondre aux enjeux de conservation tout en intégrant les impératifs de développement économique et social.
Faire de la biodiversité un levier de développement
Dans son intervention, Maurice Ntossui Allogo a rappelé que la préservation du patrimoine naturel gabonais ne devait pas être considérée comme un frein au développement, mais comme un véritable moteur de croissance durable.
Selon le ministre, la future stratégie devra traduire une vision commune d’un Gabon où la protection de la biodiversité et le développement économique avancent ensemble. Cette approche s’inscrit dans les orientations du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030 porté par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
L’ambition affichée est de promouvoir un modèle de croissance verte, inclusive et durable, capable de créer des opportunités économiques tout en préservant les ressources naturelles.
Trois priorités pour atteindre les objectifs de 2030
Afin de respecter les engagements internationaux visant à protéger au moins 30 % des terres et des espaces marins d’ici 2030, le ministre a identifié trois axes essentiels.
Le premier repose sur la cohérence des actions avec les politiques publiques nationales, afin d’assurer une meilleure coordination entre les secteurs concernés.
Le deuxième concerne l’implication des communautés locales, des femmes et des jeunes, appelés à jouer un rôle central dans la gestion durable des ressources naturelles.
Enfin, le troisième pilier porte sur la mise en œuvre concrète de la stratégie grâce à des objectifs mesurables, des mécanismes de suivi renforcés et des financements durables.
Un leadership environnemental à consolider
Soutenu par plusieurs partenaires internationaux, dont le WWF et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), cet atelier marque l’aboutissement de plusieurs mois de concertation.
À travers cette initiative, le Gabon entend réaffirmer son statut de référence africaine et internationale en matière de protection de l’environnement. Les autorités souhaitent démontrer qu’il est possible de concilier préservation de la biodiversité, développement économique et amélioration des conditions de vie des populations.
Une fois validée, la Stratégie et le Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité seront soumis au gouvernement avant leur transmission officielle à la Convention sur la Diversité Biologique, ouvrant une nouvelle étape de l’engagement environnemental du Gabon à l’horizon 2030.

