
Traite des êtres humains : le Gabon se dote d’un manuel national pour mieux protéger les victimes
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, célébrée le 30 juillet sous le thème « Piégés derrière l’escroquerie », le Gabon a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de protection des victimes. Réunis à Libreville à l’initiative du ministère de la Justice, les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers ainsi que les représentants de la société civile ont assisté à la remise officielle du premier Manuel national consolidé des Procédures Opérationnelles Standardisées (POS).
Conçu comme un référentiel unique, ce document vise à harmoniser les interventions des différents acteurs impliqués dans la lutte contre la traite des personnes. Forces de sécurité, magistrats, travailleurs sociaux, organisations de la société civile et services compétents disposeront désormais d’un cadre commun pour identifier, orienter, protéger et accompagner les victimes, ainsi que les migrants en situation de vulnérabilité.
Élaboré sous la coordination de la Commission nationale de Prévention et de Lutte contre la Traite des Personnes (CNPLCTP), le manuel est le fruit d’un travail collaboratif engagé depuis un an dans le cadre du programme conjoint MPTF Togo-Gabon, avec l’appui de l’UNICEF, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Le dispositif repose sur plusieurs principes fondamentaux, notamment le respect des droits humains, la prise en compte des violences subies, l’intégration de la dimension genre, la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant et la non-criminalisation des victimes. L’objectif est de garantir une prise en charge plus rapide et coordonnée, facilitant l’accès aux soins, à un hébergement sécurisé ainsi qu’à un accompagnement judiciaire adapté.
Avec cet outil, le Gabon renforce la mise en œuvre de ses engagements internationaux, notamment ceux découlant de la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, ratifiée en 2004, et du Protocole de Palerme, auquel le pays est partie depuis 2010. Au-delà de la répression des réseaux criminels, cette initiative traduit la volonté des autorités de placer la protection de la dignité humaine au cœur de la réponse nationale face à la traite des êtres humains.

