
Bilie-By-Nze : EPG hausse le ton et presse la Cour de cassation de mettre fin au silence judiciaire
La situation de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze continue d’alimenter le débat politique et judiciaire au Gabon. Détenu depuis près de quatre mois sans avoir été jugé, l’ancien chef du gouvernement est au cœur d’une nouvelle offensive de son parti, Ensemble pour le Gabon (EPG), qui dénonce une procédure qu’il juge anormalement longue et appelle la Cour de cassation à statuer sans délai sur le recours introduit par la défense.
Dans une déclaration officielle, le parti exprime sa vive inquiétude face à l’absence de décision de la plus haute juridiction judiciaire, saisie depuis plus d’un mois.
Des conditions de détention dénoncées
Au-delà des questions juridiques, EPG attire l’attention sur les conditions de détention d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, qu’il estime particulièrement préoccupantes.
Selon le parti, l’ancien Premier ministre serait détenu dans une cellule d’environ cinq mètres carrés, dépourvue de lumière naturelle et sans accès à la cour de promenade. EPG affirme également que les visites familiales et les échanges avec ses avocats seraient soumis à d’importantes restrictions.
Le parti estime que ces conditions interrogent le respect des droits fondamentaux et des garanties reconnues à toute personne privée de liberté.
Une justice appelée à se prononcer
Pour EPG, l’absence de décision de la Cour de cassation constitue le principal sujet de préoccupation. Le parti considère que le silence prolongé de la haute juridiction fragilise les principes de l’État de droit, particulièrement lorsqu’il concerne une personne placée en détention.
Il rappelle qu’en matière de privation de liberté, la célérité de la justice constitue une exigence essentielle et estime que le silence judiciaire ne peut durablement se substituer à une décision motivée.
La formation d’opposition affirme également que la procédure soulève plusieurs interrogations et qu’aucun élément juridique sérieux ne justifierait, selon elle, la prolongation de l’incarcération.
Un appel à une décision rapide
À travers cette prise de position, Ensemble pour le Gabon demande à la Cour de cassation de rendre son arrêt dans les meilleurs délais afin de lever les incertitudes entourant cette procédure.
Le parti sollicite également la remise en liberté d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, estimant qu’aucun fondement juridique ne justifie son maintien en détention à ce stade de la procédure.
Un dossier aux enjeux institutionnels
Au-delà du cas personnel de l’ancien chef du gouvernement, cette affaire soulève un débat plus large sur le fonctionnement de la justice et le respect des garanties procédurales au Gabon. Entre les exigences de l’instruction judiciaire et le principe de la présomption d’innocence, le dossier Bilie-By-Nze continue de cristalliser les attentions.
Dans ce contexte, la décision attendue de la Cour de cassation pourrait constituer une étape déterminante, tant pour la suite de la procédure judiciaire que pour la perception de l’indépendance et de la crédibilité des institutions judiciaires du pays.

