Crise de l’éducation nationale : le FDS exhorte Oligui Nguema à reprendre la main

Crise de l’éducation nationale : le FDS exhorte Oligui Nguema à reprendre la main

Réuni ce dimanche 25 janvier 2026 à Louis, devant une salle comble de militants et sympathisants, le Front démocratique socialiste (FDS) a fait de la crise de l’éducation nationale l’un des temps forts de son rassemblement politique. À la tribune, son président, Anges Kevin Nzigou, a interpellé sans détour le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’appelant à s’impliquer personnellement pour sortir d’un conflit devenu, selon lui, révélateur des limites de la Transition.

Dans une allocution dense et sans concession, le leader du FDS a inscrit la grève des enseignants au cœur du débat politique national. Pour le parti socialiste, la crise actuelle dépasse largement le cadre corporatiste : elle met à l’épreuve la capacité des autorités de la Transition à gérer les revendications sociales par le dialogue plutôt que par la crispation ou la réponse sécuritaire. « L’école est un pilier structurant de toute République. Il n’y a pas de justice sociale sans une école forte », a martelé Anges Kevin Nzigou, dénonçant une gestion qu’il juge « indigne des valeurs affichées par la Transition ».

Selon le président du FDS, la dégradation du climat social et la persistance des blocages administratifs fragilisent non seulement les enseignants, mais aussi les élèves et, au-delà, l’avenir même du pays. Il a estimé que le traitement actuel de la crise éducative alimente la défiance et révèle un déficit de volonté politique au sommet de l’État.

Moment central du discours, l’interpellation directe du chef de l’État n’a laissé place à aucune ambiguïté. Pour le FDS, la résolution du conflit ne peut plus être déléguée à des échelons intermédiaires. Anges Kevin Nzigou a appelé Brice Clotaire Oligui Nguema à « être en première ligne » sur ce dossier sensible, considérant qu’une implication présidentielle directe est désormais indispensable pour restaurer la confiance et débloquer les négociations.

Le président du FDS a également pointé ce qu’il considère comme une contradiction majeure au sein de l’appareil décisionnel. « Ceux qui ont admis la destruction de l’école ne peuvent aujourd’hui prétendre incarner la promotion de l’enseignant », a-t-il lancé, dans une critique à peine voilée de certaines figures héritées de l’ancien système, encore influentes selon lui dans la gestion du secteur éducatif.

Le discours a par ailleurs été marqué par une condamnation ferme des arrestations de syndicalistes intervenues dans le cadre du mouvement de grève. Pour le FDS, il s’agit d’une ligne rouge. « Arrêter un syndicaliste n’est jamais un acte anodin », a insisté Anges Kevin Nzigou, y voyant une atteinte aux libertés fondamentales et au droit syndical garanti par la Constitution. Le parti a réaffirmé son attachement à un syndicalisme libre et combatif, y compris pour les retraités, et exige la libération des syndicalistes interpellés.

Au-delà de l’actualité immédiate, le FDS érige la crise de l’éducation nationale en véritable test de crédibilité politique pour la Transition. Aucune refondation institutionnelle durable, estime le parti, ne peut se construire sur une école affaiblie et des enseignants précarisés. L’implication personnelle du président de la République apparaît ainsi comme une nécessité politique autant que morale.

À Louis, le message du FDS a été clair : la Transition ne pourra tenir ses promesses qu’en rompant définitivement avec les méthodes du passé. Pour le parti socialiste, la sortie de crise passera par une décision forte au sommet de l’État, fondée sur l’écoute, le respect des droits sociaux et la reconnaissance du rôle central des enseignants dans la construction du Gabon de demain.

CATEGORIES
Share This

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )