
Cybercrime : un réseau présumé d’arnaque via Airtel Money démantelé dans le Haut-Ogooué
La lutte contre la cybercriminalité franchit un nouveau cap au Gabon. L’antenne provinciale de la Police judiciaire du Haut-Ogooué a procédé au démantèlement d’un réseau présumé spécialisé dans l’escroquerie via le service de paiement mobile Airtel Money. Révélée par le quotidien L’Union dans son édition de ce lundi 10 août 2026, l’opération a conduit à l’interpellation de plusieurs suspects et au placement sous mandat de dépôt de trois d’entre eux.
Présentés au magistrat instructeur près le tribunal de première instance de Franceville le 3 juillet dernier, Kelly Ovouga Antsou, 37 ans, Ulrich Ndong Essone, 35 ans, et Tanguy Massala Massala, présenté comme un employé d’Airtel Money, ont été placés en détention à la prison centrale de Yené.
Un système organisé entre Libreville et Franceville
Selon les éléments rapportés par L’Union, l’enquête menée durant plusieurs semaines aurait permis de mettre au jour une organisation structurée opérant entre Libreville et Franceville.
Au cœur du dispositif présumé, Ulrich Ndong Essone, domicilié au quartier Charbonnages à Libreville, aurait notamment fourni à ses complices des cartes SIM déjà activées sous des identités usurpées à l’insu de leurs véritables propriétaires.
Une méthode destinée, selon les enquêteurs, à compliquer l’identification des utilisateurs réels des lignes et à brouiller les pistes.
Pour procéder aux détournements, le réseau aurait utilisé un système informatique identifié sous le nom de « GMAC ». Une fois les fonds prélevés sur les comptes des victimes, ceux-ci auraient été transférés vers des comptes Moov Money, dans le but présumé de rendre leur traçabilité plus difficile.
Un mode opératoire qui témoigne, selon les premiers éléments de l’enquête, d’un certain degré d’organisation et de connaissance des mécanismes du paiement mobile.
Une tentative de suicide pendant les gardes à vue
L’affaire a également été marquée par un incident survenu durant les gardes à vue.
L’un des suspects aurait tenté de mettre fin à ses jours alors qu’il se trouvait dans les locaux de la Police judiciaire du Haut-Ogooué. L’intervention rapide des enquêteurs aurait permis d’éviter une issue dramatique.
Un épisode qui vient s’ajouter à une procédure déjà particulièrement sensible, alors que les investigations se poursuivent pour déterminer l’ensemble des responsabilités.
Un quatrième suspect dans le viseur de la justice
Un autre individu, Aboubakar Mamadou Mavoungou, ancien militaire radié des forces armées, est également détenu au B2 dans le cadre de la procédure. Il devrait prochainement être présenté au juge d’instruction.
Pour les enquêteurs, le travail est donc loin d’être terminé. Il s’agit désormais de déterminer si d’autres personnes ont participé au dispositif présumé, d’identifier l’ensemble des victimes et surtout d’évaluer le montant réel des sommes qui auraient été détournées.
La question de la sécurisation du mobile money
Cette affaire remet une nouvelle fois en lumière les risques liés à l’utilisation des services de paiement mobile, devenus incontournables dans les transactions quotidiennes au Gabon.
L’utilisation présumée de cartes SIM enregistrées sous de fausses identités et le transfert des fonds entre différentes plateformes illustrent la sophistication croissante de certaines méthodes d’escroquerie.
Si le démantèlement de ce réseau constitue un coup d’arrêt pour les suspects interpellés, l’enquête devra désormais permettre de mesurer l’ampleur exacte du dispositif et du préjudice financier présumé.
La procédure étant toujours en cours, les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.

