
Déguerpissements à Libreville : après Plaine-Orety, le Carrefour SNI Owendo sommé de quitter en 72 heures
L’opération de déguerpissement initiée par les autorités gabonaises se poursuit à un rythme accéléré. Après Plaine-Orety, c’est désormais le Carrefour SNI (Owendo) qui est ciblé. Un ultimatum de 72 heures a été signifié aux populations et commerçants, sommés de libérer les lieux sans délai.
Les espaces concernés ont été déclarés d’utilité publique dans le cadre d’un projet de réaménagement urbain qui prévoit la construction de cités administratives aux normes internationales. Le gouvernement affirme vouloir restructurer le tissu urbain de Libreville pour l’adapter aux exigences d’une capitale moderne et fonctionnelle.
Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe. Au Carrefour SNI, l’inquiétude est palpable. Aucune solution de relogement concrète n’a été proposée à ce jour, selon les témoignages recueillis. « On ne sait pas où aller. Tout ce qu’on a construit ici depuis 20 ans, on nous le demande de l’abandonner en trois jours », déplore un père de famille.
Les commerçants, eux, redoutent la perte de leurs moyens de subsistance. Boutiques, échoppes, ateliers et dépôts sont progressivement vidés dans la précipitation, avec le sentiment d’être laissés pour compte. L’absence de communication claire sur les indemnisations accentue le malaise.
Des voix s’élèvent contre ce qui est perçu comme une opération menée sans concertation ni accompagnement social. Associations, collectifs citoyens et observateurs indépendants dénoncent une méthode expéditive, aux conséquences humaines lourdes, notamment dans ces zones populaires où vivent des centaines de familles.
Certains appellent l’État à « construire sans détruire les vies », et à instaurer un dialogue transparent et humain avec les populations impactées.
Alors que les maisons sont vidées, les toitures arrachées et les camions de déménagement se multiplient, les habitants redoutent l’arrivée des bulldozers. Les 72 heures s’égrènent dans une atmosphère de tension et de résignation, révélant les limites d’une urbanisation pensée sans les citoyens.
La transformation de Libreville est en marche. Mais à quel prix ?

