
Douanes gabonaises : entre mobilisation des recettes et facilitation des échanges, un acteur clé du développement
Libreville, 31 janvier 2026 – Aux postes-frontières, dans les ports, les aéroports et les zones de dédouanement, les Douanes gabonaises occupent une place stratégique, au croisement des impératifs financiers de l’État, des exigences de compétitivité des entreprises et des enjeux de sécurité publique. Loin de se limiter à la vérification des cargaisons, leur action s’inscrit dans une logique globale : sécuriser les échanges, protéger la population et contribuer au financement des politiques publiques.
La mission fiscale constitue l’un des piliers de ce corps paramilitaire à part entière. Dans le cadre de la fiscalité dite « de porte », la Douane procède à la liquidation des droits et taxes à l’importation, ainsi qu’aux droits de sortie appliqués aux marchandises locales destinées à l’exportation. Elle assure également le contrôle de la conformité des opérations de dédouanement, garantissant la régularité des transactions et prévenant les manquements.
Si le recouvrement relève du Trésor public, la Douane reste un maillon essentiel dans la mobilisation des recettes, avec une contribution estimée à près de 20 % des ressources publiques, se plaçant juste derrière le secteur pétrolier. Cette responsabilité conduit l’institution à renforcer ses capacités opérationnelles pour atteindre les objectifs fixés par la Loi de finances.
Au-delà de la fiscalité, la Douane joue un rôle d’accompagnement économique. Elle assiste les opérateurs en appliquant des régimes fiscaux spécifiques, tout en assurant le suivi des dépenses fiscales qui en découlent. Cette démarche s’accompagne d’une exigence de qualité de service : amélioration de l’accueil, effort de communication, respect des droits et obligations des usagers, suivi personnalisé et simplification progressive des procédures. L’objectif est de consolider le partenariat avec le secteur privé, fluidifier les échanges et soutenir la compétitivité des entreprises, tout en maintenant un contrôle rigoureux.
La Douane contribue également à la production d’informations statistiques sur le commerce extérieur. Grâce au système informatique SYDONIAWORLD, elle met à disposition des données sur les mouvements de marchandises, utiles aux pouvoirs publics, aux opérateurs économiques et aux institutions internationales, servant ainsi d’outil d’aide à la décision pour orienter les politiques publiques et anticiper les besoins.
Ses missions particulières couvrent la santé, l’hygiène, la protection du public, la police sanitaire des animaux et végétaux, la qualité des denrées alimentaires, la protection des espèces menacées, ainsi que la lutte contre les stupéfiants et la contrefaçon. Sur le plan sécuritaire, elle contrôle l’importation de matériels de guerre, de produits dangereux et veille aux mouvements de personnes, faisant respecter les dispositions légales et réglementaires à l’entrée comme à la sortie du territoire.
C’est dans ce contexte que s’est tenue, en différé, la Journée internationale des Douanes (JID) 2026, le 31 janvier à Libreville, à l’Hôtel des Douanes. Pour l’année 2026, les mobilisations de recettes douanières sont attendues à plus de 700 milliards de francs, confirmant la Douane comme un acteur central du financement public, tout en restant un pilier de la sécurité et de la régulation des échanges transfrontaliers.

