Drame de la disparition à Libreville : Le corps du jeune Cameron retrouvé, le Gabon entre effroi et colère

Drame de la disparition à Libreville : Le corps du jeune Cameron retrouvé, le Gabon entre effroi et colère

Disparu depuis le 18 décembre dernier, Ngueba Loko Pascal Cameron, 13 ans, a été retrouvé sans vie dans une fosse. Cette découverte macabre, qui intervient dans un climat social déjà lourd, ravive le traumatisme de l’affaire Esther et place une nouvelle fois les autorités face au défi de la sécurité des mineurs.

L’espoir a laissé place à l’horreur. Porté disparu depuis le jeudi 18 décembre 2025 alors qu’il se trouvait dans son quartier, situé derrière l’hôtel de la CAN, le jeune Ngueba Loko Pascal Cameron ne rentrera plus chez lui. Son corps a été découvert sans vie dans une fosse, une information confirmée par plusieurs sources concordantes et relayée avec une vive émotion par la presse locale. Pendant cinq jours, la mobilisation citoyenne n’a pas faibli : avis de recherche multipliés sur la toile, battues de voisinage et appels à témoins. En vain. L’adolescent de 13 ans rallonge désormais la liste noire des jeunes vies fauchées dans des circonstances qui restent à élucider.

Cette tragédie n’est pas sans rappeler celle de la petite Esther, dont le souvenir douloureux hante encore l’opinion publique. Pour de nombreux Gabonais, le cas de Cameron est le drame de trop. Sur les réseaux sociaux, l’émotion a rapidement muté en indignation. De nombreux internautes s’insurgent, affirmant qu’il devient impossible de laisser les enfants sortir sans craindre qu’ils ne deviennent le prochain visage d’un avis de recherche, résumant ainsi le sentiment d’insécurité qui gagne les foyers librevillois.

Au-delà du fait divers, c’est la question de la protection de l’enfance et de la sûreté dans les quartiers périphériques qui revient au centre du débat national. Comment, en pleine capitale, un enfant peut-il disparaître et être retrouvé mort quelques jours plus tard ? Si une enquête est attendue pour déterminer les causes exactes du décès et identifier d’éventuels responsables, le mode opératoire — la découverte du corps dans une fosse — oriente inévitablement les esprits vers la piste criminelle. La récurrence de ces drames interroge l’efficacité des dispositifs de prévention et la célérité des interventions en cas de disparition signalée.

Le Gabon pleure aujourd’hui un enfant, mais il attend surtout des actes. Entre la tristesse des familles et la peur des parents, l’État se retrouve sous une pression croissante. La société civile, de son côté, appelle à une réponse judiciaire exemplaire pour freiner ce qui ressemble à une spirale de violence contre les plus vulnérables. En attendant que la lumière soit faite sur cette affaire, le quartier de l’Hôtel de la CAN et le pays tout entier restent plongés dans le deuil. Une épreuve de plus pour une nation qui peine à protéger ses « petits », ces promesses de demain qui s’éteignent trop tôt dans le silence d’une ruelle ou l’obscurité d’une fosse.

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