
Gabon : la France poursuit son désengagement militaire progressif
Le 12 avril 2025, alors que le général Brice Clotaire Oligui Nguema était largement réélu président du Gabon, la France continuait de réduire sa présence militaire dans le pays. Cette évolution marque un tournant dans la coopération entre les deux nations, avec une transformation notable du dispositif militaire français sur place.
Depuis l’été 2024, le 6e bataillon d’infanterie de marine (6e BIMa), présent à Libreville depuis 1975, a été dissous. Le site qu’il occupait a été rebaptisé « Académie militaire », symbolisant une nouvelle orientation vers la formation conjointe entre les forces françaises et gabonaises. D’ici juillet 2025, le nombre de soldats français au Gabon devrait passer de 380 à une centaine, conformément à la volonté de Paris de réduire sa présence militaire en Afrique centrale .
Ce désengagement s’inscrit dans une stratégie plus large de la France visant à repenser sa présence militaire sur le continent africain. Face à la montée des sentiments anti-français et à l’émergence de nouveaux partenariats sécuritaires, notamment avec la Russie, Paris adapte son dispositif en privilégiant des collaborations plus ciblées et flexibles. Le Gabon, aux côtés de Djibouti, reste l’un des rares pays africains à maintenir une coopération militaire étroite avec la France .
Malgré la réduction des effectifs, la France et le Gabon poursuivent leur collaboration, notamment dans le domaine de la formation militaire. La transformation du camp de Gaulle en académie militaire illustre cette volonté de renforcer les capacités des forces armées gabonaises tout en adaptant la présence française aux réalités actuelles.
Ce redéploiement reflète une volonté de Paris de maintenir des liens stratégiques avec ses partenaires africains tout en répondant aux défis géopolitiques et sécuritaires contemporains.

