Gabon : la résine d’Okoumé, nouvel eldorado vert pour la cosmétique et la santé ?

Gabon : la résine d’Okoumé, nouvel eldorado vert pour la cosmétique et la santé ?

Le Gabon poursuit sa stratégie de transformation locale de ses ressources naturelles. Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Ollogo, a présidé récemment une séance de travail avec la société BIOKOUME, consacrée à la valorisation scientifique et économique de la résine d’okoumé. Une rencontre qui marque une étape supplémentaire dans l’ambition des autorités de faire de cet arbre emblématique bien plus qu’un simple produit d’exportation.

Selon un communiqué publié sur la page Facebook du ministère, cette réunion a permis de faire le point sur les avancées de la recherche appliquée menée depuis deux ans. « Cette réunion a été l’occasion de discuter de la valorisation scientifique et économique de l’okoumé et de sa résine », a indiqué le ministre. Les travaux engagés auraient permis d’identifier plusieurs extraits aux propriétés prometteuses, désormais prêts à être commercialisés pour des usages dans les domaines cosmétique et sanitaire.

Longtemps perçu essentiellement comme un bois d’exportation, l’okoumé amorce aujourd’hui un repositionnement stratégique. L’orientation actuelle traduit un changement de paradigme : il ne s’agit plus uniquement de transformer le bois en sciages ou en contreplaqués, mais d’exploiter son potentiel en chimie verte et en biotechnologie. À travers ce projet, le gouvernement entend poser les bases d’une véritable bio-industrie forestière. La valorisation de la résine ouvre la voie à la production de molécules à haute valeur ajoutée destinées aux secteurs cosmétique, pharmaceutique et nutraceutique, une diversification susceptible de renforcer la compétitivité du Gabon sur des segments innovants et porteurs.

La phase II du projet devrait se concentrer sur la structuration et la croissance de la filière. Elle portera notamment sur la protection de la ressource génétique, la traçabilité des produits et la garantie de la durabilité des prélèvements. L’enjeu est double : préserver le capital forestier tout en maximisant la valeur ajoutée locale.

Au-delà des perspectives industrielles, l’initiative revêt également une dimension sociale affirmée. Les autorités ambitionnent de favoriser la création d’emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes impliqués dans la collecte de la résine. L’objectif est d’inscrire cette nouvelle filière dans une dynamique inclusive, susceptible d’améliorer les revenus et les conditions de vie des communautés locales.

Cette orientation s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis l’interdiction d’exporter des grumes en 2010. Depuis lors, le Gabon s’est progressivement orienté vers une économie de transformation, notamment à travers le développement de la Zone économique spéciale de Nkok, spécialisée dans le bois transformé.

Avec la résine d’okoumé, le pays franchit une nouvelle étape : passer d’une logique centrée sur les matériaux à une stratégie axée sur les molécules et les actifs naturels à forte valeur ajoutée. Si les promesses scientifiques se confirment et que la structuration industrielle suit, l’okoumé pourrait ainsi devenir un levier majeur de diversification économique et d’innovation verte pour le Gabon.

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