
Nouveau gouvernement : Henri-Claude Oyima entre en scène sous haute surveillance
Nommés lundi 5 mai 2025 par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, les membres du nouveau gouvernement ont officiellement pris fonction ce jeudi 8 mai, à l’issue de leur premier Conseil des ministres. Une rentrée politique observée de près, notamment en raison de certains profils clés. Au premier rang : Henri-Claude Oyima, désormais ministre d’État en charge de l’Économie, des Finances et de la Dette publique.
Figure emblématique du monde bancaire, ancien PDG du groupe BGFIBank, Henri-Claude Oyima hérite d’un ministère fusionné, stratégique à plus d’un titre, dans un contexte de redressement économique, de transition budgétaire et de pressions multiformes sur la dette intérieure et extérieure. Le choix de ce technocrate reconnu est interprété comme un signal fort envoyé aux marchés et aux partenaires internationaux.
« C’est un ministère où il faut conjuguer rigueur, innovation et souveraineté. Le président sait qu’il peut compter sur mon engagement », aurait confié le nouveau ministre à l’issue de la séance.
Cependant, à peine nommé, Henri-Claude Oyima se retrouve au cœur d’une première polémique. En effet, le nouvel homme fort des Finances n’a, jusqu’à ce jour, pas quitté ses fonctions à la tête de BGFIBank, groupe bancaire qu’il dirige depuis plusieurs décennies. Pire, un communiqué officiel de la banque publié cette semaine affirme que « les activités du groupe demeurent sous la supervision du président-directeur général ».
Une double casquette qui interroge, alors que la séparation des fonctions publiques et privées reste un enjeu majeur de bonne gouvernance, surtout dans un contexte où le ministère qu’il dirige est appelé à interagir avec les institutions financières, y compris les banques commerciales.
Au palais de la Présidence de la République, le Conseil des ministres s’est tenu sous l’autorité du président Oligui Nguema, avec pour mot d’ordre : la cohérence de l’action publique et l’exigence de résultats. D’autres portefeuilles sensibles comme la Défense, l’Éducation nationale, la Réforme des institutions ou encore la Transition énergétique ont également été attribués à des profils jugés compétents et « engagés pour une République nouvelle ».
Dans un climat de transition politique et institutionnelle, le nouveau gouvernement est attendu au tournant. Si la nomination d’Henri-Claude Oyima suscite l’intérêt des milieux économiques, elle place aussi son titulaire devant l’immense défi de la gestion orthodoxe des ressources publiques, de la lutte contre la corruption et de la relance des investissements structurants. Mais la clarification de sa situation professionnelle personnelle pourrait devenir, très vite, un test de crédibilité pour l’ensemble du gouvernement.

