
Pêche artisanale : La BCEG insuffle un nouveau souffle financier au secteur
Dans une démarche visant à renforcer l’économie bleue et soutenir les communautés côtières, la Banque de Crédit et d’Épargne du Gabon (BCEG) lance une initiative ambitieuse de financement dédiée au développement de la pêche artisanale. Une première dans le paysage bancaire national, qui marque un tournant stratégique pour un secteur souvent relégué au second plan.
Un appui concret pour un secteur vital
Souvent qualifiée de « colonne vertébrale silencieuse » de l’économie littorale, la pêche artisanale représente une source de revenus essentielle pour des milliers de foyers gabonais. Toutefois, les pêcheurs traditionnels restent confrontés à un manque criant d’accès aux financements pour moderniser leurs équipements ou développer leurs activités.
Consciente de cet enjeu, la BCEG a annoncé le déploiement d’une ligne de crédit spécifique destinée aux acteurs de la pêche artisanale. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de bancarisation des populations rurales et de dynamisation des filières locales.
« Il ne s’agit pas d’un simple prêt, mais d’un accompagnement structuré pour valoriser les métiers de la mer et renforcer leur rentabilité », a déclaré un responsable de la BCEG lors d’une conférence de presse à Port-Gentil.
Des outils financiers adaptés aux réalités du terrain
Selon les premières informations, le programme inclut :
des microcrédits à taux préférentiels ;
des plans de remboursement souples alignés sur les cycles de production halieutique ;
et un accompagnement technique en partenariat avec le ministère de la Pêche et des ONG spécialisées.
Cette initiative s’appuie également sur une étude terrain menée durant les six derniers mois dans les provinces de l’Ogooué-Maritime, du Moyen-Ogooué et de l’Estuaire. L’objectif : adapter les produits financiers aux réalités des communautés de pêcheurs, trop souvent exclues des circuits classiques de financement.
Vers une structuration durable du secteur
Au-delà du soutien individuel, la BCEG ambitionne de favoriser la structuration de coopératives de pêche pour renforcer la mutualisation des moyens et améliorer la chaîne de valeur, de la capture à la commercialisation. Une approche qui pourrait, à terme, renforcer la souveraineté alimentaire du pays et réduire les importations de produits halieutiques.
Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche a salué cette initiative comme un catalyseur pour la formalisation du secteur, qui reste largement informel malgré son poids économique et social.
Une initiative pilote appelée à s’étendre
Si les résultats de cette première phase s’avèrent concluants, la BCEG envisage d’étendre ce modèle de financement à d’autres filières rurales, notamment l’agriculture vivrière et l’élevage traditionnel.
À travers cette dynamique nouvelle, la BCEG réaffirme son rôle d’acteur économique national engagé dans l’inclusion financière et le développement des secteurs porteurs.

