
Primes de vacations 2025 : un système de surfacturation en cascade mis à nu par un audit interne
Il aura suffi d’un rapport d’audit pour révéler les failles d’un système de gestion des primes de vacations au sein de l’administration publique. Une commission spéciale du ministère de l’Économie et des Finances, chargée de passer au crible les fichiers des bénéficiaires pour l’exercice 2025, a mis en évidence de graves irrégularités dans les montants versés à certains agents.
Selon les conclusions de ce travail de contrôle, plusieurs anomalies ont été relevées : des bénéficiaires fictifs, des doublons, ainsi que des montants largement supérieurs aux droits réels des agents concernés. Des écarts jugés significatifs, qui ont immédiatement conduit à la transmission du dossier aux services compétents.
Le rapport a été transmis à la Direction des Affaires Économiques et Financières (DAEF) de l’État-major des Polices d’Investigation Judiciaire (EMPIJ). Dès le 11 mai 2026, une série d’auditions est ouverte, et les premiers témoignages commencent à lever le voile sur un mécanisme bien structuré.
D’après les éléments recueillis, certains agents de la Direction centrale des Affaires financières (DCAF) du ministère de l’Éducation nationale auraient perçu des montants excédant leurs droits légaux, avant de reverser une partie des sommes à leurs supérieurs hiérarchiques. Un système de redistribution interne, discret mais organisé, s’appuyant sur la chaîne hiérarchique.
Les auditions révèlent des cas concrets. Une chargée d’études reconnaît avoir reçu 20 millions de FCFA, alors que ses droits réels s’élevaient à 11,74 millions de FCFA, le surplus ayant été remis à une collaboratrice de sa hiérarchie. Un autre agent affirme avoir perçu 20 millions de FCFA en 2024, conservant la part qui lui revenait et reversant le reste selon le même circuit interne.
Plus alarmant encore, un chargé d’études évoque un cumul de 45,465 millions de FCFA perçus pour des droits estimés à 12,8 millions de FCFA, laissant apparaître un écart de plus de 32 millions de FCFA. Un autre agent administratif décrit un fonctionnement similaire, où les montants excédentaires sont systématiquement redistribués vers les niveaux supérieurs.
Au-delà des chiffres, c’est un véritable mécanisme en chaîne qui semble se dessiner, où chaque acteur connaît précisément sa part, son rôle et le circuit de redistribution. Une organisation qui, selon les enquêteurs, pourrait révéler une fraude structurée sur plusieurs niveaux de l’administration.
L’enquête se poursuit afin de déterminer l’ampleur réelle du système et d’identifier l’ensemble des responsabilités dans cette affaire aux ramifications multiples.

