Transgabonais : 225 millions d’euros pour moderniser l’artère ferroviaire stratégique du Gabon

Transgabonais : 225 millions d’euros pour moderniser l’artère ferroviaire stratégique du Gabon

Le chantier de modernisation du Transgabonais franchit une nouvelle étape décisive. À l’occasion du Africa Forward Summit organisé à Nairobi, Proparco et la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG) ont signé un protocole d’accord portant sur le financement du Projet de Modernisation et de Sécurisation du Transgabonais. Une opération majeure estimée à 225 millions d’euros qui vise à renforcer l’une des infrastructures les plus stratégiques du Gabon.

La signature s’est déroulée en présence des principaux actionnaires de la SETRAG : Eramet Comilog, actionnaire majoritaire à 51 %, Meridiam avec 40 %, ainsi que l’État gabonais qui détient 9 % du capital.

Le Transgabonais, colonne vertébrale de l’économie gabonaise

Long de 648 kilomètres, le Transgabonais constitue bien plus qu’une simple ligne ferroviaire. Cette infrastructure stratégique relie les principales zones économiques du pays et joue un rôle essentiel dans le transport des passagers, du fret et des minerais, notamment le manganèse, ressource clé pour l’économie nationale.

Dans plusieurs régions enclavées du pays, le chemin de fer demeure parfois l’unique moyen de transport fiable pour les populations et les activités économiques. Selon les acteurs du projet, le Transgabonais supporte à lui seul près de 20 % du PIB gabonais, illustrant son importance cruciale pour le fonctionnement de l’économie nationale.

Cette nouvelle phase de financement s’inscrit dans la phase III d’un vaste programme de rénovation du réseau ferroviaire gabonais. Elle bénéficie du soutien conjoint de Proparco et de la Société financière internationale (SFI), dans le cadre d’une approche coordonnée du groupe AFD.

En parallèle, l’Agence Française de Développement (AFD) prévoit également un financement souverain en appui à l’État gabonais, tandis que l’initiative européenne Global Gateway devrait contribuer via une subvention dédiée.

Un partenariat public-privé au cœur de la modernisation

Ce projet illustre la montée en puissance des partenariats public-privé dans le financement des grandes infrastructures africaines. L’objectif affiché est clair : permettre à la SETRAG d’atteindre son plein potentiel opérationnel tout en garantissant un service ferroviaire plus fiable et plus sécurisé.

Au-delà du transport minier, les ambitions portent également sur la diversification des usages du réseau, avec une attention particulière accordée au transport des passagers et au fret hors secteur extractif.

La modernisation du Transgabonais répond également à des enjeux stratégiques internationaux. Le manganèse transporté par cette ligne est considéré comme un minerai critique pour plusieurs industries mondiales, notamment celles liées à la transition énergétique et aux technologies bas carbone.

Pour Françoise Lombard, directrice générale de Proparco, ce projet dépasse largement le cadre d’une simple opération ferroviaire :

« En accompagnant la modernisation de ce réseau ferroviaire stratégique, Proparco contribue à la fois à la décarbonation du transport, au développement économique du Gabon et à l’amélioration des conditions de vie des populations qui en dépendent. »

Elle souligne également la capacité du groupe AFD à soutenir des infrastructures durables aux côtés de partenaires internationaux comme la SFI et l’Union européenne.

La SETRAG veut accélérer sa transformation

Du côté de la SETRAG, cette mobilisation financière est perçue comme une marque de confiance dans la capacité de l’entreprise à poursuivre la transformation du réseau ferroviaire gabonais.

Le directeur général de la SETRAG, Christian Magni, a rappelé l’ampleur des travaux déjà réalisés sur le terrain :

« À ce jour, sur les 648 km de la ligne, nous avons remplacé 400 km de traverses et 160 km de rails : un exploit compte tenu des défis techniques et géologiques de la ligne. »

Selon lui, l’appui des bailleurs internationaux constitue un signal fort pour les équipes mobilisées dans la modernisation du Transgabonais.

L’ambition affichée est de faire de cette infrastructure non seulement un outil stratégique pour la politique de développement du Gabon, mais également une référence logistique en Afrique centrale.

Un projet aligné avec les objectifs climatiques et économiques

Au-delà de son impact économique, le projet s’inscrit aussi dans une logique de développement durable. Les partenaires estiment qu’il contribuera à plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment ceux liés à la croissance économique, aux infrastructures résilientes, à la réduction des inégalités et à l’action climatique.

Dans un contexte africain marqué par les besoins massifs en infrastructures de transport, cette opération pourrait devenir un modèle de coopération entre investisseurs privés, institutions financières internationales et autorités publiques.

Pour le Gabon, la réussite de cette nouvelle phase de modernisation du Transgabonais sera déterminante. Car derrière les rails se joue aussi une partie de l’avenir économique, logistique et industriel du pays.

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