
Libéré le jour de la Libération : Kelly Ondo Obiang renaît à Libreville »
Le samedi 30 août 2025, aux premières heures de la célébration nationale — le deuxième anniversaire du « Coup de la Libération » — le lieutenant Kelly Ondo Obiang a franchi les portes de la Prison Centrale de Libreville, retrouvant une liberté tant attendue. Vêtu de blanc, il est apparu ému mais serein, saluant discrètement une foule de proches et de journalistes. Dans ses premiers mots, il a remercié Dieu, les autorités de transition et, surtout, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qualifiant son geste de « geste d’apaisement fort et historique ».
Cette libération fait suite à l’ordonnance d’amnistie générale adoptée en conseil des ministres le 12 août 2025. Elle efface les condamnations liées aux tentatives de coup d’État des années 2019 et 2023, offrant une sortie judiciaire nette et sans condition à Kelly Ondo Obiang et ses compagnons d’armes. Le geste a été largement interprété comme un symbole fort de réconciliation nationale, porté par le gouvernement de transition. En réintégrant implicitement l’officier dans l’armée, l’État essaye de tourner la page sur les fractures passées, tout en affirmant une volonté nouvelle d’unité politique.
La coïncidence entre cette libération et la commémoration du putsch du 30 août — devenu « Coup de la Libération » — n’a rien d’un hasard. Elle résonne comme une mise en scène politique soigneusement orchestrée : un message clair d’apaisement et de rassemblement envers une partie de l’armée restée longtemps en marge.
Condamné en 2021 à 15 ans de prison pour sa tentative de coup d’État en janvier 2019, Kelly Ondo Obiang incarnait depuis une figure controversée : certains y voyaient un militaire imprudent, d’autres, un symbole de résistance. Aujourd’hui, libéré, plusieurs interrogations restent ouvertes : retrouvera-t-il ses grades et fonctions au sein de l’armée ? S’engagera-t-il en politique ? Ou choisira-t-il une voie plus discrète ? Le contexte de transition, encore fragile, rend l’avenir incertain mais plein de promesses.
Cet épisode marque indéniablement un tournant dans la politique gabonaise : de prisonnier à possible symbole de réconciliation, Kelly Ondo Obiang incarne désormais une ligne de rupture avec le passé et une ouverture vers un avenir apaisé.

