
Mindoubé, quand la survie passe par la décharge
Située dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville, la décharge de Mindoubé est le principal dépotoir d’ordures du Grand Libreville. Chaque jour, des tonnes de déchets y sont déversées, formant des montagnes d’immondices où se mêlent plastiques, restes alimentaires et objets abandonnés. Autour du site, des habitations subsistent tant bien que mal, exposant leurs occupants à un environnement fortement dégradé. Les odeurs nauséabondes, la prolifération de nuisibles et la pollution permanente font de cette zone un foyer de risques sanitaires majeurs.
Pourtant, derrière ce paysage d’insalubrité se cache une réalité sociale troublante. La décharge est devenue pour de nombreuses personnes vivant dans une extrême précarité un véritable point de ralliement. Hommes, femmes et parfois enfants s’y rendent quotidiennement pour fouiller les déchets à la recherche de nourriture, de vêtements ou d’objets revendables. Malgré les dangers évidents liés aux blessures, aux intoxications et aux maladies, l’espoir de trouver de quoi survivre prend le dessus. Mindoubé se transforme alors en une « mine d’or » tragique où les rebuts deviennent ressources, au prix de la santé et de la dignité humaine.
Cette situation a récemment pris une tournure dramatique avec la mort présumée d’un adolescent percuté par un camion sur le site alors qu’il fouillait les déchets. Au-delà de l’émotion suscitée, ce drame révèle l’extrême vulnérabilité des personnes qui fréquentent la décharge. L’absence de protection, le manque de régulation et l’inexistence d’alternatives rendent la survie quotidienne particulièrement risquée.
Une décharge n’est pas censée nourrir des êtres humains. Si Mindoubé demeure depuis des années un refuge contraint pour les plus démunis, c’est le symptôme d’un malaise plus profond. L’insuffisance d’accès aux besoins essentiels, notamment à l’alimentation, interpelle directement les autorités sur l’urgence de politiques sociales plus inclusives.
Des solutions durables doivent être envisagées : renforcement des filets sociaux, programmes d’aide alimentaire, insertion économique des populations vulnérables et sécurisation du site. Car au-delà des déchets, c’est une question de dignité humaine qui se joue, et dans une capitale comme Libreville, nul ne devrait être contraint de chercher sa subsistance dans les poubelles.

