
L’État et les Églises pentecôtistes renforcent leur dialogue autour de la régulation religieuse
Dans le cadre du dialogue permanent entre les autorités publiques et les confessions religieuses, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, également en charge du Culte, Adrien Nguema Mba, a reçu en audience officielle, le mardi 16 juin 2026, une délégation du Conseil National des Églises Pentecôtistes et du Réveil (CNEPR).
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de concertation visant à consolider les relations entre l’État et les acteurs religieux, dans un contexte de structuration croissante du paysage cultuel au Gabon.
Une organisation religieuse en pleine expansion
Conduite par son président, le pasteur Gaspard Obiang, la délégation du CNEPR est venue présenter officiellement la structure associative au nouveau ministre du Culte, tout en lui adressant ses civilités.
Au-delà de la dimension protocolaire, les responsables religieux ont surtout annoncé une ambition majeure : le déploiement progressif du CNEPR sur l’ensemble du territoire national. Cette expansion vise à mieux organiser une communauté en pleine croissance et à renforcer sa présence dans les différentes provinces du pays.
Des défis de mise en conformité administrative et réglementaire
Au cours des échanges, les représentants des Églises pentecôtistes ont exposé plusieurs préoccupations liées à la gestion quotidienne des lieux de culte.
Parmi les difficultés évoquées figurent notamment les contraintes administratives liées à la mise en conformité des structures religieuses, condition essentielle pour bénéficier de certains avantages fiscaux, dont l’exemption de la Taxe Forfaitaire d’Habitation.
Les responsables religieux ont également attiré l’attention du ministre sur les délais jugés relativement courts pour adapter les édifices de culte aux exigences des normes de protection civile, une étape indispensable pour garantir la sécurité des fidèles.
L’État entre accompagnement des libertés et exigence de régulation
En réponse à ces préoccupations, Adrien Nguema Mba a salué les efforts d’organisation et d’autorégulation entrepris par les confessions religieuses, tout en rappelant la nécessité d’une collaboration étroite avec les services de l’administration.
Le ministre a tenu à préciser la position de l’État : garant des libertés de culte, le ministère de l’Intérieur n’a pas vocation à intervenir dans les convictions religieuses. Toutefois, la régulation des activités cultuelles demeure une exigence incontournable pour préserver l’ordre public, la sécurité des citoyens et le respect des normes républicaines.
Une convergence de vues autour de la responsabilité religieuse
Au terme de l’audience, les échanges se sont déroulés dans un climat apaisé et constructif. Une convergence de points de vue s’est dégagée entre les autorités et les responsables du CNEPR, autour d’un objectif commun : encadrer et responsabiliser les acteurs religieux.
Les deux parties ont réaffirmé la nécessité de promouvoir une pratique du culte harmonisée avec les exigences légales et sécuritaires, afin de permettre à la ferveur religieuse de s’exprimer pleinement dans le respect du cadre républicain.
Vers un encadrement renforcé mais concerté du paysage religieux
Cette rencontre illustre une nouvelle étape dans la gouvernance du secteur religieux au Gabon, où dialogue, régulation et accompagnement apparaissent comme les piliers d’un équilibre recherché entre liberté de culte et respect des normes de l’État.

