CNT : la révolution du transport public est-elle enfin en marche au Gabon ?

CNT : la révolution du transport public est-elle enfin en marche au Gabon ?

Le transport public gabonais s’apprête à connaître l’une des transformations les plus importantes de son histoire récente. Longtemps confronté à des difficultés financières, à un parc automobile vieillissant et à des dysfonctionnements récurrents, le secteur entre dans une nouvelle phase avec la création de la Compagnie Nationale de Transport (CNT), née de la fusion entre la Société Gabonaise de Transport (SOGATRA) et Transurb.

Portée par la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, cette réforme vise à bâtir un opérateur unique capable d’offrir aux populations un service de transport moderne, performant et durable sur l’ensemble du territoire national.

Une réforme ambitieuse pour tourner la page des difficultés passées

La création de la CNT s’inscrit dans la stratégie de modernisation des entreprises publiques engagée par le gouvernement. Sous la supervision du ministre d’État en charge des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, le projet ambitionne de mettre fin aux difficultés structurelles qui ont longtemps affecté la SOGATRA, Transurb et d’autres opérateurs publics du secteur.

L’objectif est clair : redonner confiance aux usagers en proposant un service fiable, accessible et capable de répondre aux besoins croissants de mobilité des populations, aussi bien en milieu urbain qu’interurbain.

Un parc de véhicules entièrement renouvelé

Pour concrétiser cette ambition, d’importants investissements ont été consentis afin de renforcer les capacités opérationnelles de la nouvelle compagnie.

La CNT disposera notamment de :

  • 100 autobus de 66 places ;
  • 25 autocars de 28 places ;
  • 12 camions-citernes ;
  • 5 semi-remorques ;
  • 2 conteneurs de pièces détachées et d’équipements techniques destinés à la maintenance.

Ces acquisitions doivent permettre d’améliorer significativement la qualité du service, tout en garantissant une meilleure disponibilité des véhicules grâce à un entretien optimisé.

Des infrastructures modernisées pour une gestion plus performante

La transformation engagée ne concerne pas uniquement les véhicules. Les anciennes installations de la SOGATRA ont également bénéficié d’une vaste opération de réhabilitation.

Les travaux ont porté sur le bitumage des espaces de stationnement, la rénovation des ateliers mécaniques, la remise à niveau des infrastructures administratives et l’installation d’équipements industriels destinés à renforcer l’autonomie énergétique du site.

Parmi les innovations majeures figure la mise en place d’un centre moderne de gestion du trafic. Présentée comme une première au Gabon, cette salle de supervision permettra de suivre en temps réel les mouvements des véhicules, d’améliorer la ponctualité des dessertes et de réagir plus rapidement en cas d’incident.

La formation au cœur de la stratégie

Consciente que la modernisation du matériel doit s’accompagner d’un renforcement des compétences, la CNT a engagé un important programme de formation.

Plus de 250 chauffeurs ont déjà bénéficié d’une remise à niveau spécialisée portant sur la conduite de véhicules lourds et le transport de matières liquides sensibles.

Avant leur mise en circulation, les nouveaux véhicules ont également été soumis à des essais techniques sur près de 200 kilomètres afin de vérifier leur performance et leur fiabilité.

Emplois préservés malgré la restructuration

La fusion entre la SOGATRA et Transurb a suscité des interrogations parmi les salariés des deux entreprises publiques.

Face aux inquiétudes, les autorités ont assuré que les 1 302 employés concernés seront intégralement maintenus au sein de la nouvelle structure. Une décision qui traduit la volonté du gouvernement de concilier modernisation économique et préservation des emplois.

Des tarifs attractifs et une billetterie 100 % numérique

La CNT entend également séduire les usagers grâce à une politique tarifaire présentée comme accessible.

Pour les liaisons interurbaines au départ de Libreville, les prix annoncés sont les suivants :

  • Lambaréné : 5 000 FCFA ;
  • Mouila : 8 000 FCFA ;
  • Lebamba : 10 000 FCFA ;
  • Makokou, Oyem et Tchibanga : 12 000 FCFA ;
  • Bitam : 13 000 FCFA.

En zone urbaine, plusieurs formules d’abonnement seront proposées :

  • Pass Urbain : 17 000 FCFA ;
  • Pass Élève : 5 000 FCFA ;
  • Pass Étudiant : 8 000 FCFA ;
  • Pass Famille : 35 000 FCFA ;
  • Pass Social GEF : 3 000 FCFA.

Ces abonnements permettront des déplacements illimités pendant leur période de validité.

Autre nouveauté majeure : la suppression des paiements en espèces. La commercialisation des titres de transport se fera exclusivement par voie électronique afin d’améliorer la transparence financière et la traçabilité des recettes.

Le défi de la confiance

Au-delà des infrastructures et des équipements, la réussite de la CNT dépendra avant tout de sa capacité à répondre aux attentes des usagers.

Ponctualité, régularité des dessertes, entretien des véhicules, qualité de l’accueil et respect des tarifs annoncés seront les véritables critères d’évaluation de cette réforme.

Après plusieurs années de difficultés dans le transport public, les Gabonais attendent désormais des résultats concrets. La CNT dispose aujourd’hui des moyens et des outils nécessaires pour réussir. Reste désormais à transformer cette ambitieuse restructuration en un service performant capable de réconcilier durablement les citoyens avec le transport public.

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