
Vie chère au Gabon : le gouvernement serre la vis contre la spéculation sur les produits de première nécessité
Le gouvernement gabonais intensifie sa lutte contre la flambée des prix des produits de grande consommation. Dans la continuité des orientations fixées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de son discours devant le Parlement réuni en Congrès le 15 juin dernier, l’Exécutif met en œuvre une série de mesures destinées à mieux réguler le marché, garantir l’approvisionnement et préserver le pouvoir d’achat des populations.
Cette stratégie était au cœur de l’audience accordée, le 22 juillet 2026, par le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, au directeur général de la Centrale d’achat, Théophile Boutamba.
Réorganiser l’approvisionnement pour freiner la spéculation
Au cours de cette rencontre, les deux responsables ont fait le point sur les réformes engagées afin de restructurer le circuit d’approvisionnement des produits de première nécessité.
Le gouvernement accuse certains opérateurs économiques de favoriser la hausse des prix en constituant d’importants stocks de denrées essentielles avant de les remettre progressivement sur le marché à des tarifs largement supérieurs. Une pratique jugée préjudiciable pour les ménages, confrontés depuis plusieurs mois à une augmentation du coût de la vie.
Pour y remédier, la Centrale d’achat travaille avec les Douanes et les administrations concernées à une réorganisation de la chaîne d’importation et de distribution. L’objectif est de renforcer le contrôle des flux de marchandises, sécuriser les approvisionnements et réduire les marges de manœuvre des spéculateurs.
À l’issue de l’audience, Théophile Boutamba a indiqué que les travaux préparatoires étaient déjà bien avancés. Il a précisé que la Centrale d’achat aura pour mission de commander, d’importer et de mettre directement les produits sur le marché afin de garantir leur disponibilité à des prix maîtrisés.
Des quotas d’achat pour éviter les pénuries artificielles
Parmi les mesures annoncées figure la mise en place de plafonds d’achat sur certains produits de grande consommation afin de limiter les achats massifs susceptibles d’alimenter le marché parallèle.
Les autorités recommandent notamment de limiter les achats à deux sacs de riz de 25 kilogrammes et cinq bouteilles d’huile d’un litre par foyer. Selon le gouvernement, cette disposition vise à empêcher l’accaparement des stocks par certains revendeurs et à assurer un accès plus équitable aux produits essentiels.
Un méga marché annoncé dans la zone des PK
Au-delà des mesures réglementaires, le gouvernement prévoit des actions concrètes pour rapprocher les produits des consommateurs.
La Centrale d’achat prépare ainsi l’organisation d’un méga marché dans la zone des PK à Libreville, avant la fin du mois. Cette opération permettra aux populations d’acheter des produits de première nécessité à des prix encadrés, tout en réduisant le poids des intermédiaires dans la chaîne de distribution.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de proposer des solutions immédiates face à la hausse des prix et de renforcer l’accès des ménages aux produits essentiels.
Le défi d’une régulation durable
À travers cette nouvelle offensive, le gouvernement entend reprendre la maîtrise d’une partie du circuit de distribution des denrées de première nécessité et lutter plus efficacement contre les pratiques spéculatives.
La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de plusieurs facteurs : la régularité des approvisionnements, le respect effectif des quotas, l’efficacité des contrôles sur le terrain et l’application de sanctions en cas de fraude.
À plus long terme, les autorités devront également maintenir une coopération étroite entre les administrations, les opérateurs économiques et les acteurs de la distribution afin de garantir un marché plus transparent, des prix plus stables et une meilleure protection du pouvoir d’achat des Gabonais.

