
Démissions suspendues, militants frustrés : quand les partis politiques verrouillent la sortie
Libreville, 15 mai 2025 – Une note circulant dans les rangs de l’Union pour la République (UPR) alimente depuis quelques jours une vive polémique. Datée du 13 mai 2025, elle rappelle que toute demande de démission formulée après le 1er avril est jugée irrecevable jusqu’à la fin des élections législatives et locales. Cette décision, déjà annoncée par une précédente note du 18 février, est désormais martelée avec fermeté : « Aucune dérogation ne vous sera accordée », peut-on lire dans le communiqué signé du Secrétaire général adjoint, Amiral Marc Soumangoye.
Ce verrouillage administratif des démissions, loin d’être anodin, fait écho à des tensions similaires au sein du Parti Démocratique Gabonais (PDG), où des militants, confrontés à des blocages de leurs lettres de retrait, ont exprimé leur exaspération. Les motivations évoquées ? Des frustrations internes, un désaccord sur les choix politiques ou encore un sentiment d’étouffement face à une hiérarchie devenue sourde aux aspirations de la base.
Ces pratiques posent une question essentielle : un militant est-il libre de quitter un parti politique à tout moment ? En refusant d’entériner les démissions, certains partis semblent remettre en cause une liberté fondamentale, transformant l’adhésion en un engagement à durée indéterminée, conditionné par les échéances électorales.
Pour l’opinion publique, ce type de mesure nourrit un profond malaise. Nombre d’observateurs y voient une stratégie pour maquiller la fragilité interne des formations politiques en cette période sensible. En figeant artificiellement les effectifs militants, les directions de partis espèrent sauver les apparences à l’approche du scrutin. Mais cette méthode pourrait produire l’effet inverse : renforcer le sentiment de défiance, alimenter la suspicion, et radicaliser les contestations internes.
Une rupture entre la base et la tête ?
Dans un contexte où les électeurs attendent de la transparence, de la sincérité et de la liberté d’expression, le verrouillage des départs envoie un signal contradictoire. Le militantisme ne peut être efficace que s’il repose sur une adhésion libre, renouvelée, non contrainte. Or, la multiplication de ces interdictions laisse craindre une rupture croissante entre la base et les organes dirigeants des partis politiques.

