
Transparence, souveraineté et industries extractives : l’appel de Bilie-By-Nze à une diplomatie plus éthique
Libreville, 14 mai 2025 — Dans une série de publications remarquées sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nze a livré une critique frontale de la gestion de la diplomatie économique gabonaise et de la dépendance croissante vis-à-vis d’acteurs privés internationaux dans les industries extractives.
Dans un premier message empreint de gravité, il évoque l’inéluctabilité d’un moment de vérité :
« Le temps viendra (bientôt ?) où chacun devra assumer la somme des non-dits, des désaccords et des blessures mal cicatrisées. […] Tout peuple mérite respect car il n’y a pas de petites souverainetés. »
Ce message, à la tonalité presque prophétique, invite à une remise en question des rapports de force diplomatiques actuels et à un respect accru de la souveraineté des États, y compris ceux considérés comme “petits” sur l’échiquier international.
Mais c’est surtout au sujet de la récente opération de rachat des actifs de Tullow Oil par l’État gabonais qu’Alain Claude Bilie-By-Nze hausse le ton. Il révèle que, comme ce fut le cas pour le groupe Assala, c’est encore le trader Gunvor qui a permis de finaliser cette acquisition grâce à une facilité financière fournie par l’une de ses filiales au Moyen-Orient. Or, selon l’ancien chef du gouvernement, cette opération aurait été présentée au public comme une acquisition directe par le Trésor public, sans endettement.
« Par cet acte, l’État gabonais a renforcé sa dépendance vis-à-vis de Gunvor », écrit-il, avant de poser une question lourde de sens :
« À quand la transparence véritable dans les industries extractives ? »
À travers ces messages, Bilie-By-Nze interpelle directement les autorités actuelles sur l’opacité qui entoure certains montages financiers liés à la gestion des ressources naturelles. Il soulève également la problématique de la souveraineté économique, mise à mal par une dépendance croissante à des acteurs étrangers puissants.
Ces prises de parole publiques traduisent une volonté de faire émerger un débat sur la gouvernance, la vérité dans la communication institutionnelle, et la nécessité d’une diplomatie fondée sur l’équité et le respect mutuel.

