
Avoirs de la Poste : le grand dégel commence, les épargnants entre soulagement et dernières inquiétudes
Après des années d’attente, le processus de remboursement des avoirs des épargnants de la Poste est enfin entré dans sa phase opérationnelle. Dès ce 16 juin 2026, les premiers bénéficiaires ont répondu à l’appel des autorités pour transmettre leurs relevés d’identité bancaire (RIB), une étape décisive vers la restitution de leurs fonds.
L’annonce faite le 15 juin dernier par le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, sur les antennes de Gabon 1ère, a rapidement trouvé un écho favorable auprès des épargnants. Dès 8 heures ce mardi, ceux dont les avoirs dépassent 500 000 francs CFA se sont rendus dans les différentes agences de Poste SA à travers le pays afin de déposer les documents nécessaires au traitement de leurs dossiers.
Dans les bureaux de poste, l’affluence était perceptible mais maîtrisée. L’opération, organisée jusqu’à 15 heures, s’est déroulée dans un climat globalement serein, marqué par un mélange d’impatience et de soulagement. Pour de nombreux usagers, cette étape représente bien plus qu’une simple formalité administrative : elle symbolise le début d’un dénouement longtemps espéré.
« Nous avons longtemps espéré ce moment. Aujourd’hui, voir enfin les choses avancer nous redonne confiance », témoigne Jean-Martin Ondo, rencontré dans une agence de la capitale. Un sentiment partagé par André Boulingui, qui salue l’organisation mise en place. « Les agents nous accueillent bien et le traitement des dossiers se fait rapidement. Nous sommes satisfaits de cette première étape », affirme-t-il.
Toutefois, cette première journée n’a pas été exempte de difficultés. Certains épargnants se sont retrouvés confrontés à l’absence d’un compte bancaire, condition indispensable pour la transmission des fonds. Une situation qui a suscité des interrogations et nécessité des explications supplémentaires de la part des agents de Poste SA.
« Je ne possède pas de compte bancaire et donc pas de RIB. Les agents m’ont expliqué que je pouvais établir une procuration au profit d’un proche disposant d’un compte bancaire », explique une épargnante ayant souhaité garder l’anonymat.
Face à ces contraintes, plusieurs usagers ont préféré rester sur place afin d’obtenir davantage d’informations ou de trouver une solution adaptée à leur situation. Malgré ces cas particuliers, la collecte des RIB est perçue comme une avancée majeure dans un dossier qui a longtemps alimenté frustrations et incertitudes.
Cette première phase nourrit désormais l’espoir d’un règlement progressif et définitif des avoirs de milliers d’épargnants. Les autorités assurent que l’opération se poursuivra conformément au calendrier établi, ouvrant ainsi la voie à une réparation attendue depuis plusieurs années par de nombreuses familles gabonaises.

