
Baie des Cochons : les habitants démontent leurs constructions avant l’arrivée des bulldozers Le projet d’aménagement entre dans sa phase opérationnelle
Les premiers signes du déguerpissement sont désormais visibles à la Baie des Cochons et dans la zone dite « Derrière l’hôpital », à Libreville. Dans ces quartiers concernés par un vaste projet d’ouverture et d’aménagement de nouvelles voies de circulation, plusieurs habitants ont commencé à démonter eux-mêmes les parties récupérables de leurs constructions avant le lancement des opérations de démolition prévu le 26 juin prochain.
Portes, fenêtres, grilles, tôles ou encore charpentes métalliques sont progressivement retirées par leurs propriétaires. Une activité qui témoigne de l’entrée concrète du projet dans sa phase d’exécution, après plusieurs années d’attente.
Des emprises longtemps occupées
Selon les autorités, les aménagements envisagés correspondent à des voies de communication et des espaces publics déjà prévus dans les plans cadastraux. Toutefois, le retard pris dans la réalisation du projet a favorisé l’installation progressive de constructions sur ces emprises.
Au fil des années, habitations, commerces et extensions diverses ont été édifiés sur des espaces pourtant réservés aux futurs aménagements urbains. Aujourd’hui, ces constructions se retrouvent directement sur le tracé des infrastructures projetées et sont appelées à disparaître pour permettre le démarrage des travaux.
Une cinquantaine de personnes concernées
Les opérations préparatoires ont déjà permis d’identifier les occupants impactés, de recenser leurs investissements et de marquer les bâtiments concernés.
D’après les données issues du recensement réalisé dans le cadre du projet, 52 personnes sont directement affectées par cette opération de déguerpissement.
Au carrefour Léon-Mba, où se concentre une importante activité commerciale, propriétaires et locataires profitent de ces derniers jours pour récupérer le maximum de matériaux avant l’arrivée des engins.
Entre compréhension et interrogations
Sur le terrain, l’ambiance reste relativement calme. Si les démolitions suscitent naturellement des inquiétudes, plusieurs occupants reconnaissent avoir été informés des objectifs du projet et disent comprendre les enjeux liés à l’amélioration de la circulation et à la restructuration urbaine de la zone.
Lors des consultations publiques organisées le 19 juin dernier, la gouverneure de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, avait invité les personnes concernées à retirer elles-mêmes tous les éléments récupérables avant le début des travaux.
Cette recommandation semble avoir été largement suivie par les habitants, dont beaucoup se sont organisés pour démonter progressivement leurs installations.
Toutefois, certaines interrogations subsistent, notamment sur les limites exactes des emprises concernées et les critères de sélection des constructions visées.
Vers un nouveau visage pour le quartier
Au-delà des préoccupations immédiates des populations impactées, les autorités présentent ce projet comme une étape importante dans la transformation urbaine de cette partie de Libreville. L’ouverture des voies prévues devrait permettre d’améliorer la mobilité, de désenclaver certains secteurs et de renforcer l’organisation de l’espace urbain.
À quelques jours du lancement officiel des démolitions, les habitants poursuivent donc le démontage de leurs biens dans une atmosphère globalement apaisée. Sur le terrain, tout indique que l’opération se déroule sans incident majeur, marquant ainsi les premiers actes visibles d’un chantier appelé à modifier durablement le visage de la Baie des Cochons et de ses environs.

