
Conflit Homme-Faune : le Gabon muscle sa riposte avec une base stratégique à Oyem
Dans une démarche résolument tournée vers la protection des populations rurales, le gouvernement gabonais franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le Conflit Homme-Faune (CHF). Ce lundi 13 avril 2026, le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo, a procédé à l’inauguration d’une base provinciale stratégique à Oyem, dans le Woleu-Ntem.
Une réponse structurée à un fléau persistant
Face aux dégâts croissants causés par la faune sauvage, notamment les éléphants, cette nouvelle infrastructure se veut une réponse concrète et durable.
Entièrement dédiée à l’installation et au suivi technique des clôtures électriques mobiles, la base d’Oyem centralise plusieurs missions clés :
- gestion des plaintes des populations
- coordination du déploiement des dispositifs de protection
- maintenance rigoureuse des installations
Particularité de cette structure : elle accueille conjointement les brigades des Eaux et Forêts ainsi que les unités de l’ONG Space for Giants, favorisant une synergie opérationnelle et une réactivité accrue sur le terrain.
Une immersion au cœur des réalités locales
Au-delà de l’inauguration, le déplacement ministériel s’est inscrit dans une logique de proximité. Durant 48 heures, Maurice Ntossui Allogo est allé à la rencontre des communautés impactées, notamment dans les villages d’Adam Andock, Abenelang et Essong-Medzome.
Moment fort de cette visite : la rencontre avec un compatriote victime d’une attaque d’éléphant, un geste symbolisant la volonté de l’État de ne plus laisser les agriculteurs seuls face à ce phénomène.
Des résultats déjà encourageants
Ce programme ambitieux de coexistence pacifique bénéficie du soutien financier de l’Initiative pour la Forêt d’Afrique Centrale (CAFI), à hauteur de 10 millions de dollars.
À mi-parcours, les résultats sont jugés prometteurs :
- plus de 1 200 clôtures électriques installées
- réduction significative des destructions de cultures
- amélioration de la sécurité des populations
- hausse des productions vivrières
Cap sur une couverture nationale
L’ouverture de la base d’Oyem n’est qu’un début. Le gouvernement entend étendre ce modèle à d’autres provinces, notamment le Moyen-Ogooué et l’Ogooué-Lolo.
L’objectif est clair : garantir une assistance de proximité aux communautés rurales et inscrire cette stratégie dans la durée.
Considérées comme les gardiennes de la biodiversité gabonaise, les populations rurales sont désormais au cœur d’un dispositif visant à concilier préservation de la faune et sécurité humaine.
À travers cette initiative, le Gabon confirme sa volonté de bâtir un modèle de coexistence durable, dans un contexte où les enjeux environnementaux et sociaux sont étroitement liés.

