
Conseil des Ministres : autorité réaffirmée et réformes structurantes sous l’impulsion du Chef de l’État
Sous la Très Haute Présidence de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, le Conseil des Ministres s’est réuni ce jeudi 26 février 2026 à 11 heures, au Palais de la Présidence de la République, dans sa salle habituelle des délibérations. Cette session, dense et stratégique, aura été marquée par une réaffirmation de l’autorité de l’État, une accélération des réformes institutionnelles et un cap économique clairement assumé.
Encadrement du numérique et souveraineté de l’État
Dès l’ouverture des travaux, le Chef de l’État a tenu à recadrer avec fermeté le débat national relatif à la suspension temporaire de l’accès à certains réseaux sociaux. Cette décision, a-t-il souligné, ne procède ni d’une improvisation ni d’une volonté de restreindre les libertés fondamentales. Elle constitue un acte de souveraineté et de responsabilité, dicté par l’impératif de protection de l’ordre public, de préservation de la cohésion nationale et de sauvegarde de la dignité des institutions républicaines. Rappelant avoir appelé depuis plusieurs mois à une anticipation rigoureuse des dérives observées dans l’espace numérique, devenu le vecteur de campagnes organisées de diffamation et de tentatives de déstabilisation, le Président de la République a insisté sur le caractère transitoire de la mesure. L’encadrement du numérique se fera dans le strict respect de l’État de droit, tout en établissant les garde-fous nécessaires face aux risques de manipulation et d’instrumentalisation politique.
Dialogue avec le FMI et cap économique
Sur le plan économique, le Président de la République a salué la présence au Gabon d’une mission du Fonds monétaire international (FMI). Cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’audience accordée le 5 novembre 2025 et de l’annonce faite le 22 janvier 2026 à Brazzaville, en marge du sommet de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale, visant à renouer un dialogue constructif avec les institutions de Bretton Woods. Pour le Chef de l’État, la conclusion d’un programme économique et financier avec le FMI constitue une nécessité stratégique. Au-delà de l’exercice technique, il s’agit d’un gage de crédibilité destiné à renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers et à sécuriser l’accompagnement du programme national de transformation économique.
Un cadre de négociation clair a été fixé : sanctuarisation des projets prioritaires validés par le suffrage populaire, protection effective des ménages vulnérables, rationalisation rigoureuse des dépenses publiques et gestion soutenable et responsable de la dette. Le recours au FMI ne saurait être interprété comme un renoncement, mais comme un instrument au service de la souveraineté économique et du développement durable du Gabon.
Exigence d’exemplarité et principe de géocompétence
Le Chef de l’État a également rappelé les membres du Gouvernement à leurs obligations fondamentales. Les nominations intervenant en Conseil des Ministres devront répondre à une exigence d’exemplarité, de compétence et d’équilibre dans la représentation des différentes composantes de la Nation. Le principe de « géocompétence », articulant mérite avéré et représentativité nationale harmonieuse, a été réaffirmé avec force. L’action ministérielle, a-t-il martelé, est collective et solidaire : les réussites comme les insuffisances engagent l’ensemble du Gouvernement.
Réformes dans les transports et le foncier
Sur le plan normatif, le Conseil a examiné et adopté une série de projets de textes structurants. En matière de transports, un décret relatif au Programme national de sécurité de l’aviation civile a été pris, en conformité avec les normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale. Coordonné par l’Agence nationale de l’Aviation civile, en lien avec le Bureau d’Enquêtes sur les Incidents et Accidents d’Aviation, ce programme vise à renforcer la supervision et à réduire les risques, consolidant ainsi la crédibilité du Gabon dans le domaine de la sécurité aérienne.
Dans le secteur foncier, une réforme en profondeur du régime de la propriété foncière a été engagée avec l’abrogation de l’ordonnance de 2012 et l’introduction d’innovations majeures destinées à prévenir les litiges et à garantir la sécurité juridique des transactions immobilières. Le titre foncier sera désormais consacré par une décision du juge judiciaire, lui conférant un caractère définitif, irrévocable et inattaquable. Un Guichet unique de la propriété foncière est créé afin de regrouper l’ensemble des administrations intervenant dans la chaîne de production des titres, avec un objectif ambitieux de délivrance de cinquante mille titres en quatre mois. Par ailleurs, une bande de terre de 52 478 hectares située à Mambi, dans la commune de Mayumba, a été déclarée d’utilité publique en vue de la réalisation d’activités de transformation de minerais.
Justice, institutions et encadrement de la preuve numérique
Les secteurs de la justice et des institutions ont également fait l’objet d’importantes réformes. Des modifications du Code pénal et du Code de procédure pénale ont été adoptées, notamment pour encadrer la preuve numérique, désormais soumise à des critères d’intégrité, d’authenticité et de traçabilité. Le Conseil National de la Démocratie devient la Commission Nationale de la Démocratie et de la Participation Citoyenne, dotée d’un Observatoire chargé d’analyser les dynamiques politiques et électorales. Une ordonnance fixe en outre l’organisation et la procédure suivie devant la Cour constitutionnelle afin de l’arrimer aux nouvelles dispositions de la Vème République.
Maîtrise des finances publiques
Dans un souci d’exemplarité et de maîtrise des finances publiques, plusieurs décrets ont été adoptés pour plafonner les rémunérations des présidents, vice-présidents et personnels de direction des établissements publics, entreprises publiques, sociétés d’État et autorités administratives indépendantes. Ces textes interdisent toute double rémunération, soumettent les émoluments à l’impôt et aux retenues pour pension, et fixent également le plafond des jetons de présence versés aux membres des conseils d’administration.
Modernisation du secteur de la santé
Le secteur de la santé connaît une modernisation d’envergure avec l’adoption de plusieurs ordonnances portant création ou réorganisation du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville, du Centre Hospitalier Universitaire d’Owendo, du Centre Hospitalier Universitaire Mère-Enfant Fondation Jeanne Ebori ainsi que du Laboratoire National de Santé Publique. Ces établissements sont érigés en structures publiques à caractère médical, scientifique et technique, placées sous double tutelle, avec pour ambition de renforcer la gouvernance, améliorer la qualité des soins et consolider les missions d’enseignement et de recherche. Un projet d’ordonnance instaure également un dispositif renforcé de lutte contre le tabac et les produits dérivés.
Souveraineté alimentaire et AGROPAG
Dans le domaine agricole, la création de la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG) marque une étape décisive dans la stratégie de diversification économique et de souveraineté alimentaire. Cette société à participation publique majoritaire est chargée de structurer et moderniser les filières agricoles et pastorales, de soutenir les producteurs, de développer des pôles intégrés de production et de contribuer à la réduction des importations. Corrélativement, la Société d’Agriculture et d’Élevage du Gabon est supprimée et ses compétences transférées à AGROPAG.
Réforme de la communication et régulation des réseaux sociaux
Le secteur de la communication et des médias fait également l’objet d’une refonte à travers la modification du Code de la Communication et la réorganisation de la Haute Autorité de la Communication. Un texte spécifique règlemente l’usage des réseaux sociaux, organise les mécanismes de réaction publique et judiciaire face aux communications numériques susceptibles de provoquer un risque grave et immédiat, et encadre les contenus générés par des systèmes d’intelligence artificielle diffusés via les plateformes numériques.
Projets structurants et coopération
Au titre de la politique générale, le Conseil a pris acte du financement par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement du Projet d’Accès aux services de base et d’Amélioration des performances (PASBAP), validé le 5 février 2026 à Washington. Ce projet concernera quarante-deux localités et permettra d’étendre l’accès à l’eau potable, d’assurer l’assainissement, d’électrifier les zones ciblées et d’améliorer les performances des opérateurs du secteur. Le partenariat d’interconnexion électrique avec la Guinée équatoriale, notamment sur la ligne Ebebiyin – Bitam, a également progressé.
Enfin, le Conseil a marqué son accord à la demande d’agrément de l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République des Philippines près la République gabonaise, et a pris note de l’état d’avancement de la formalisation de la filière viande de brousse ainsi que des travaux préparatoires à la table ronde des bailleurs consacrée au financement du Plan d’investissement du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo.
Appel à l’unité et à l’efficacité
Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales, le Chef de l’État a appelé à un sursaut d’unité, de discipline et d’efficacité. Le message est sans ambiguïté : l’action publique doit être coordonnée, rigoureuse et exclusivement orientée vers l’intérêt supérieur de la Nation.
Ce Conseil des Ministres s’inscrit ainsi dans une dynamique de consolidation institutionnelle, de crédibilisation économique et de modernisation structurelle du Gabon.

