
Fonction publique : le Gabon tourne la page de l’avancement automatique et mise sur la performance
Le gouvernement gabonais accélère la transformation de son administration. Réuni le 31 juillet 2026, le vice-président du Gouvernement Hermann Immongault a présidé une importante séance de travail consacrée aux réformes engagées au sein du ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités. Aux côtés de la ministre Laurence Ndong, il a fait le point sur l’état d’avancement de la révision du Statut général de la Fonction publique, une réforme destinée à instaurer une administration plus performante, plus équitable et davantage tournée vers les résultats.
La fin de l’avancement automatique à l’ancienneté
L’une des principales innovations de cette réforme réside dans la suppression du système d’avancement automatique basé sur l’ancienneté. Désormais, l’évolution de carrière des agents publics reposera sur leurs performances, leurs résultats et leur engagement professionnel.
Cette nouvelle approche marque une rupture avec les pratiques antérieures en instaurant une logique de mérite. L’objectif est de valoriser les agents les plus performants et de renforcer l’efficacité des services publics.
Selon Laurence Ndong, cette réforme est le fruit d’un important travail de concertation ayant mobilisé 110 experts issus de 29 administrations, appuyés par une étude comparative réalisée dans 20 pays.
« L’avancement automatique n’existe nulle part ailleurs parce qu’il est inéquitable. L’amélioration de la performance ne peut se faire sans la récompense du travail », a-t-elle déclaré.
Des recrutements repensés pour attirer les compétences
Le Gouvernement entend également moderniser les conditions d’accès à la Fonction publique. Parmi les mesures envisagées figure le relèvement de l’âge limite de recrutement, qui passera de 35 à 40 ans.
Les recrutements privilégieront désormais les concours nationaux, avec pour objectif de mieux adapter les profils recrutés aux besoins réels de l’administration et de renforcer la transparence des processus de sélection.
Cette orientation vise à professionnaliser davantage la Fonction publique et à garantir une meilleure adéquation entre les compétences des agents et les missions qui leur sont confiées.
Une évaluation à 360° intégrant l’avis des usagers
Autre innovation majeure : la mise en place d’un système d’évaluation à 360 degrés, inédit dans l’administration gabonaise.
Au-delà des critères traditionnels tels que l’assiduité, la ponctualité ou le respect de l’éthique professionnelle, les agents seront désormais évalués selon plusieurs regards croisés. Ils procéderont eux-mêmes à une auto-évaluation, leurs supérieurs hiérarchiques apprécieront leurs performances et, fait nouveau, les usagers des services publics pourront également évaluer la qualité des prestations qui leur sont offertes.
Les responsables administratifs ne seront pas en reste, puisqu’ils feront également l’objet d’une évaluation par leurs collaborateurs. Les résultats seront ensuite analysés par deux commissions ministérielles chargées d’assurer le suivi du dispositif.
Une réforme au cœur de la Ve République
Pour le vice-président du Gouvernement Hermann Immongault, cette transformation constitue une étape essentielle dans la construction de la Ve République.
Il a insisté sur la nécessité d’adapter l’administration aux nouveaux défis du pays, estimant que les outils hérités des précédentes réformes ne répondent plus aux exigences actuelles.
« On ne peut pas amorcer la Cinquième République avec les instruments de la Quatrième. Il y a un écosystème global à revoir », a-t-il affirmé.
Il a également invité la ministre de la Fonction publique à poursuivre les actions de sensibilisation afin d’expliquer aux agents de l’État et aux citoyens les objectifs ainsi que les enjeux de cette réforme.
Vers une administration plus performante
À travers cette refonte du Statut général de la Fonction publique, le Gouvernement entend instaurer une culture fondée sur le mérite, la responsabilité et la qualité du service rendu aux citoyens.
Cette réforme s’inscrit dans la vision du président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la modernisation de l’administration un axe majeur de son projet de société. En mettant fin à l’avancement automatique, en renforçant l’évaluation des performances et en réformant les modalités de recrutement, les autorités ambitionnent de bâtir une Fonction publique plus efficace, plus transparente et mieux adaptée aux défis du développement du Gabon.

