
Gouvernance publique : la Cour des comptes engage une transformation de 22,7 milliards FCFA pour renforcer son efficacité d’ici 2030
Libreville – La Cour des comptes du Gabon veut franchir un nouveau cap dans la modernisation du contrôle des finances publiques. Le 16 juillet dernier, en présence du vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, l’institution a présenté son Plan stratégique 2026-2030, une feuille de route destinée à renforcer ses capacités, améliorer son fonctionnement et accroître son impact dans la gouvernance nationale.
À travers ce programme, la juridiction financière ambitionne de devenir une institution plus performante, plus accessible et davantage tournée vers la transparence, la redevabilité et l’évaluation des politiques publiques.
Quatre priorités pour transformer l’institution
Le Plan stratégique 2026-2030 repose sur quatre axes majeurs :
- renforcer la solidité institutionnelle de la Cour des comptes ;
- améliorer sa visibilité auprès des citoyens et des acteurs publics ;
- accroître ses performances opérationnelles ;
- faire de l’institution un modèle régional en matière de contrôle financier.
Cette nouvelle orientation répond à une exigence croissante de la population : garantir une meilleure utilisation des ressources publiques et renforcer les mécanismes de contrôle de l’action de l’État.
La Cour des comptes entend ainsi consolider son rôle non seulement comme organe de contrôle, mais également comme acteur d’accompagnement et d’amélioration de la gestion publique.
Un investissement de plus de 22 milliards FCFA sur cinq ans
Pour mettre en œuvre cette transformation, l’institution prévoit un investissement global de 22,7 milliards de FCFA sur la période 2026-2030.
La plus grande partie de cette enveloppe, soit environ 21,5 milliards de FCFA, sera destinée au développement des Jurictions de l’ordre financier (JOF).
Les investissements prévus concernent notamment :
- la construction et l’équipement d’un siège moderne pour la Cour des comptes ;
- la modernisation des systèmes d’archivage ;
- le renforcement des outils numériques ;
- l’amélioration de la gestion des équipements et des stocks ;
- la réhabilitation des sièges des Cours provinciales des comptes ;
- l’acquisition de moyens logistiques nécessaires aux missions de contrôle.
Ces infrastructures doivent permettre à l’institution de gagner en autonomie et en efficacité dans l’exercice de ses missions sur l’ensemble du territoire national.
Le capital humain au cœur de la réforme
Au-delà des infrastructures, le plan stratégique accorde une place importante au développement des compétences.
Une enveloppe de 930 millions de FCFA sera consacrée à la formation et au renforcement des capacités des magistrats et agents des Juridictions de l’ordre financier.
L’objectif est de disposer d’experts capables de répondre aux nouveaux défis liés au contrôle budgétaire, à l’audit public, à l’évaluation des politiques publiques et à la gestion financière moderne.
Le programme prévoit également :
- 150 millions de FCFA pour l’élaboration et la valorisation des guides et manuels professionnels ;
- 35 millions de FCFA pour la rédaction et la révision des textes réglementaires encadrant l’activité de l’institution.
Vers une Cour des comptes plus proche des citoyens
Avec cette réforme, la Cour des comptes souhaite également renforcer son dialogue avec les citoyens et les institutions publiques.
L’ambition est de rendre ses travaux plus visibles, de mieux valoriser ses rapports et de contribuer davantage au débat public sur la gestion des ressources nationales.
Dans un contexte marqué par des attentes fortes en matière de transparence et de bonne gouvernance, cette transformation apparaît comme un levier stratégique pour améliorer la confiance entre les institutions et les populations.
Une institution appelée à jouer un rôle central dans la gouvernance du Gabon
À travers son Plan stratégique 2026-2030, la Cour des comptes affiche une ambition claire : devenir une institution moderne, indépendante et pleinement équipée pour accompagner la transformation de l’État.
En renforçant ses moyens humains, techniques et matériels, elle entend mieux assurer ses missions de contrôle, de conseil et d’évaluation afin de contribuer à une gestion plus efficace et responsable des finances publiques gabonaises.

