
Liberté de la presse : le Gabon recule, mais reste en tête en Afrique centrale
Le Gabon enregistre un léger recul dans le classement mondial de la liberté de la presse 2026 publié par Reporters sans frontières. Le pays perd deux places, passant du 41e rang en 2025 au 43e rang cette année. Une baisse mesurée qui n’empêche toutefois pas le Gabon de conserver sa position de leader en Afrique centrale.
Un contexte marqué par la transition politique
Ce classement intervient dans un contexte de transition politique amorcée depuis le coup d’État du 30 août 2023. Si Reporters sans frontières reconnaît une amélioration relative du climat médiatique depuis cette période, l’organisation souligne que la construction d’une presse véritablement libre et indépendante reste encore inachevée.
Des défis persistants pour les médias indépendants
Dans son rapport, Reporters sans frontières met en évidence plusieurs défis persistants. Le paysage audiovisuel demeure largement dominé par les médias publics, souvent perçus comme proches du pouvoir. Par ailleurs, les journalistes indépendants continuent de faire face à des difficultés d’accès aux sources officielles, notamment lors des événements institutionnels.
Des pratiques jugées préoccupantes
L’organisation pointe également des pratiques jugées préoccupantes, telles que les convocations de journalistes par les services de sécurité sur la base du Code pénal, malgré l’existence du Code de la communication de 2016 censé dépénaliser les délits de presse.
Des situations qui alimentent un climat de pression, en particulier pour les acteurs des médias indépendants.
La HAC au centre des critiques
Autre sujet d’inquiétude : le fonctionnement de la Haute Autorité de la Communication (HAC). Reporters sans frontières estime que les récentes modifications législatives ont fragilisé l’indépendance de cette institution.
Désormais, l’ensemble des membres de la HAC est désigné par le pouvoir exécutif, réduisant la représentativité des professionnels des médias. L’organisation dénonce également l’usage controversé de certaines dispositions, notamment celles permettant de sanctionner un média sans délibération collégiale complète.
Un paysage médiatique en pleine évolution
Malgré ces critiques, le Gabon conserve une position relativement favorable sur le continent. Il se classe devant plusieurs pays de la sous-région, même si des nations comme Afrique du Sud et Namibie affichent de meilleures performances à l’échelle africaine.
Le rapport met aussi en lumière un paysage médiatique dynamique. Depuis le retour au multipartisme en 1990, le pays a vu émerger de nombreux organes de presse. La presse écrite compte aujourd’hui plusieurs dizaines de titres, tandis que les médias en ligne connaissent une croissance soutenue, contribuant à diversifier l’offre d’information.
Un signal d’alerte plus qu’une rupture
Au final, le recul du Gabon dans le classement RSF 2026 apparaît comme un signal d’alerte plus que comme une rupture. Il souligne la nécessité de consolider les acquis récents et d’engager des réformes structurelles pour garantir un environnement médiatique plus ouvert, pluraliste et sécurisé.
Car au-delà du classement, l’enjeu reste fondamental : faire de la liberté de la presse un pilier durable de la gouvernance et de la démocratie.

