
Transport aérien : l’AAN-GA face au défi du financement pour moderniser les aéroports gabonais
Le Gabon poursuit son ambition de moderniser son secteur aérien, mais la question du financement demeure un obstacle majeur.
Réunis le 5 août à Libreville à l’occasion de la 45ᵉ session ordinaire du Comité de gestion de la Délégation aux activités aéronautiques nationales du Gabon (AAN-GA), les responsables du ministère des Transports et de l’ASECNA ont dressé un bilan contrasté de la situation financière et technique du secteur.
Au centre des échanges : la nécessité d’accélérer la mise à niveau des infrastructures aéroportuaires afin de répondre aux exigences de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et de renforcer la souveraineté aérienne du pays.
Une modernisation indispensable
Présidant les travaux, le secrétaire général du ministère des Transports, Anatole Kabounou Onkori, a rappelé que le développement du transport aérien repose sur des infrastructures conformes aux standards internationaux.
Si la création de la compagnie nationale Fly Gabon et l’arrivée de nouveaux opérateurs privés traduisent une dynamique de relance, plusieurs défis restent à relever, notamment la certification des aéroports de Port-Gentil et de Mvengué, ainsi que la modernisation des pistes et des équipements techniques.
Ces investissements sont jugés essentiels pour renforcer la sécurité aérienne, améliorer la connectivité intérieure et accroître l’attractivité du Gabon dans le transport régional.
Des ressources financières encore insuffisantes
L’un des principaux constats de cette session concerne la faiblesse des ressources mobilisées pour accompagner les ambitions du secteur.
Le secrétaire général du ministère a déploré le non-versement de la subvention de l’État prévue en 2025, tout en indiquant que les engagements devraient être honorés cette année.
À mi-exercice, les recettes de l’AAN-GA ne représentent que 47 % du budget prévisionnel de 4,648 milliards de FCFA pour 2026.
La situation est également préoccupante concernant les investissements. Sur une enveloppe programmée de 1,611 milliard de FCFA, le taux d’ordonnancement n’atteint que 9 %, révélant des difficultés dans la réalisation des projets.
Des avancées malgré les contraintes
Malgré ces contraintes budgétaires, plusieurs réalisations ont été présentées.
L’aéroport de Koulamoutou a notamment bénéficié de la réhabilitation de son salon VIP et de son bloc technique, tandis que de nouveaux équipements ont été acquis pour améliorer les capacités opérationnelles.
La session a également été marquée par l’installation officielle de Nadine Nathalie Awanang-Anato en qualité de déléguée du directeur général de l’AAN-GA.
Sa prise de fonctions intervient dans un contexte où les attentes sont fortes pour accélérer les réformes et renforcer la performance de l’institution.
Entre ambitions et réalités budgétaires
La modernisation du transport aérien constitue un axe stratégique pour favoriser le désenclavement du territoire et soutenir la croissance économique du Gabon.
Toutefois, les travaux de la 45ᵉ session du Comité de gestion de l’AAN-GA montrent que la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité de l’État à mobiliser les financements nécessaires, à mettre les infrastructures aux normes internationales et à garantir un développement durable du secteur aéronautique national.

