Finances publiques : le Gabon bascule vers le SIGFIP, un tournant numérique pour la transparence budgétaire

Finances publiques : le Gabon bascule vers le SIGFIP, un tournant numérique pour la transparence budgétaire

Le gouvernement gabonais a officiellement lancé le Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP), une plateforme numérique appelée à transformer en profondeur la gestion des deniers publics. Pensé comme un outil central de transparence, de performance et de pilotage en temps réel, le SIGFIP s’inscrit au cœur de la stratégie de transformation digitale de l’État, à l’orée de l’exécution du budget 2026.

Le Gabon franchit ainsi une étape structurante dans la modernisation de son administration financière. Avec le SIGFIP, l’État entre dans une nouvelle ère de gestion budgétaire fondée sur la traçabilité des opérations, la célérité des procédures et la redevabilité de l’action publique, autant de principes devenus incontournables dans un contexte de gouvernance exigeante.

Cette réforme stratégique vise à corriger les dysfonctionnements longtemps observés dans la gestion des finances publiques. Le SIGFIP couvre désormais l’ensemble du cycle budgétaire, de l’engagement de la dépense à la paie, en passant par l’ordonnancement et le règlement. Cette intégration totale permet d’assurer une traçabilité complète et continue des flux financiers de l’État, limitant ainsi les ruptures d’information et les zones d’opacité.

Parmi les innovations majeures introduites par le nouveau système figure le déploiement de la signature électronique, destinée à sécuriser et accélérer les procédures administratives. Autre avancée significative : la dématérialisation intégrale des marchés publics, depuis la planification jusqu’à la contractualisation. Cette évolution contribue à réduire les délais de traitement, les risques d’erreurs et les pratiques opaques, tout en renforçant la concurrence et l’équité.

Le SIGFIP introduit également une centralisation des encaissements des régies financières, offrant aux autorités publiques des tableaux de bord consolidés et actualisés en temps réel. Cette architecture permet une meilleure visibilité sur les recettes et les dépenses, renforçant la capacité de l’État à anticiper, arbitrer et corriger les déséquilibres budgétaires.

Le système est d’ores et déjà opérationnel sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans les représentations diplomatiques du Gabon à l’étranger, traduisant l’ambition d’une gestion budgétaire unifiée et cohérente, quel que soit le périmètre administratif concerné.

Conscient de l’enjeu stratégique que représente le déploiement du SIGFIP à l’approche de l’exécution du budget 2026, le ministre en charge des Finances s’est personnellement rendu sur le terrain pour en évaluer la pleine opérationnalité. Il a notamment procédé à la vérification de la disponibilité et de la fiabilité du data center hébergeant les données du système.

Au ministère de la Justice, il a assisté à l’enregistrement des premières ordonnances de paiement via le SIGFIP, une séquence présentée comme un test grandeur nature du dispositif. L’objectif était de s’assurer que l’ensemble de la chaîne budgétaire fonctionne sans rupture à l’entrée dans la phase décisive de l’exécution budgétaire.

Au-delà de l’outil technologique, le SIGFIP s’impose comme un levier central de la réforme de l’État. Il répond à une exigence accrue de transparence dans la gestion des finances publiques, tout en renforçant l’efficacité administrative et la crédibilité du Gabon auprès de ses partenaires économiques et financiers.

Avec ce basculement numérique, l’État gabonais affiche clairement sa volonté de rompre avec les pratiques fragmentées du passé et de se doter d’un instrument moderne de gouvernance financière. Le défi reste désormais celui de la pérennisation du système, à travers l’appropriation par les agents publics et une utilisation rigoureuse au quotidien, condition essentielle pour faire du SIGFIP un véritable moteur de bonne gouvernance.

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